Le quotidien Libération a révélé dans une enquête l’existence du Cercle Europa. Selon le journal, cet espace de 220 m² serait conçu comme un lieu de rassemblement pour les membres de l’Institut Iliade et leurs sympathisants. Dans une brochure interne obtenue par Libération, le projet est décrit comme une réponse au manque de lieux dédiés à la diffusion de leurs idées.L’Institut Iliade se défend de toute volonté discriminatoire. Contactés par Libération, ses représentants ont affirmé qu'«en aucune façon ce lieu n’est conçu comme réservé aux Européens». Toutefois, la brochure interne qualifie explicitement le Cercle Europa de «lieu de rencontres pour les Européens».Un signalement au parquet de ParisFace à la polémique, le sénateur PCF de Paris Ian Brossat a saisi la justice. Selon L’Humanité, un signalement a été adressé à la procureure de la République, en vertu de l’article 40 du Code de procédure pénale. Dans son courrier, Ian Brossat demande que des mesures soient prises contre l’ouverture de ce lieu.Selon l’historien des idées Stéphane François, interrogé par L’Humanité, l’Institut Iliade diffuse une idéologie identitaire dénonçant un prétendu «génocide lent» par le métissage et l’immigration, assimilés à une «colonisation inversée».Un financement assuré par des figures du milieu identitaireAvant même son ouverture, le projet du Cercle Europa a bénéficié d’une levée de fonds organisée le 23 novembre 2024 dans les sous-sols du Musée de la chasse et de la nature, un hôtel particulier du IIIe arrondissement de Paris. Libération et Le Bonbon rapportent que cet événement a réuni environ 200 convives, dont des figures de la droite identitaire. Parmi les participants figuraient notamment Alice Cordier, présidente du collectif Nemesis, ainsi que la députée du Rassemblement National Anne Sicard.Des sponsors issus du monde du vin corse et de la production audiovisuelle ont également été identifiés comme soutiens financiers de l’événement.Une implantation au cœur de Paris qui interrogeDerrière ce projet, l’Institut Iliade souhaite créer un espace qui se présente comme un lieu de rencontres, de conférences et de débats. Selon Le Bonbon, le local accueillerait une boutique de livres et de produits «haut de gamme», ainsi qu’un bar.L’implantation de ce club privé en plein centre de Paris soulève des interrogations. Certains y voient une tentative de renforcer l’influence de ces cercles identitaires dans un contexte politique marqué par des débats sur l’immigration et l’identité nationale.