Country: Ukraine Source: UN Security Council 9867e séance – après-midiCS/16006Trois ans après le début de la guerre en Ukraine, la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Mme Rosemary DiCarlo, et de nombreuses délégations, en particulier européennes, dont la plupart étaient représentées à un niveau ministériel, ont appelé aujourd’hui, devant le Conseil de sécurité, à une paix globale, juste et durable en Ukraine, dans la respect de la souveraineté de ce pays, peu de temps après l’adoption d’une résolution par le Conseil présentée par les États-Unis.La Secrétaire générale adjointe a rappelé le « choc mondial », il y a trois ans, après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Fédération de Russie. Au moins 12 000 civils ont été tués en trois ans, a déclaré Mme DiCarlo, en notant que la Russie poursuit ses attaques. Plus de 10 millions d’Ukrainiens ont été déracinés. Des années seront nécessaires pour remédier aux conséquences de la guerre, a-t-elle dit, en insistant sur l’internationalisation du conflit. Au sujet de la résolution adoptée cet après-midi par le Conseil, Mme DiCarlo a souligné qu’elle recherche la paix.« Le temps de la paix est venu », a en effet estimé la Secrétaire générale adjointe, en demandant une paix juste, globale et durable, dans le respect de la souveraineté ukrainienne. Une position largement partagée par la Slovénie, la Grèce ou encore le Danemark. « Les négociations pour une paix durable doivent se tenir avec l’Ukraine et l’Union européenne présentes à la table », a tranché la Slovénie, jugeant la paix impossible sans respect des principes fondamentaux de souveraineté et d’indépendance.« Nous voulons la paix, nous avons besoin de paix, cependant, il ne peut y avoir de paix pour l’Ukraine sans l’Ukraine », a appuyé le Ministre des affaires étrangères de la Grèce, en demandant une paix globale, juste et durable, par le biais d’une diplomatie inclusive, fondée sur la Charte des Nations Unies et le droit international. « Nous avons également besoin d’un accord qui garantira la sécurité de l’Ukraine à l’avenir et qui agira de manière dissuasive et préventive dans les années à venir », a ajouté le Ministre grec.De son côté, la Secrétaire d’État à la politique étrangère du Danemark a rappelé que l’Assemblée générale a réaffirmé dans la matinée son soutien à une paix durable en Ukraine dans le respect de la Charte, et de l’intégrité territoriale et de la souveraineté du pays. « Il nous faut une paix juste et équitable en Ukraine, une paix qui ne consiste pas à récompenser l’agresseur et à punir la victime. » Elle a appelé à ne pas saper le droit international, l’intégrité territoriale et la souveraineté d’un pays indépendant.Il faut une paix « pour et par l’Ukraine » et « il faut une paix où personne n’aura à se demander s’il sera le prochain », a martelé la Ministre danoise, appuyée par la République de Corée, la France ou bien encore le Royaume-Uni. Ce pays a notamment plaidé pour une paix qui mette un terme « aux ambitions impérialistes de la Russie de Putin », avant de souligner la nécessité d’arrangements de sécurité robustes. « Le Royaume-Uni est prêt à jouer un rôle majeur à cette fin », a assuré la déléguée britannique.Un règlement du conflit qui se ferait sans l’Ukraine n’aurait aucun avenir, a tranché la France, appuyée par les pays baltes ou bien encore la Pologne. « La paix en Ukraine, pour être durable, devra s’accompagner de garanties de sécurité fortes et crédibles pour les Ukrainiens. » Nous avons tous un intérêt collectif à empêcher une résurgence de la violence et de la destruction en Ukraine comme partout ailleurs dans le monde, a appuyé le Secrétaire d’État aux affaires étrangères de la Finlande, qui s’exprimait au nom des pays nordiques.À l’instar de ses homologues européens, le Ministre des affaires étrangères de la Pologne a rappelé, au nom de l’Union européenne, que « personne ne souhaite plus la paix en Ukraine que les Ukrainiens » et que « personne n’a plus d’intérêt à la sécurité européenne que les Européens. » Personne n’a plus de pouvoir pour mettre fin à ce conflit que les Russes, a-t-il aussitôt ajouté, en les exhortant à arrêter les massacres et à quitter les territoires qu’ils occupent illégalement. « Ce n’est qu’en gardant ces faits à l’esprit que nous pourrons œuvrer à l’instauration d’une paix globale, juste et durable pour l’Ukraine, conformément à la Charte. »Reconnaissant les « horreurs » de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, la représentante des États-Unis a expliqué que son pays œuvre à mettre fin à cette guerre et à parvenir une paix durable. « Nous ne nous faisons pas d’illusions: le chemin sera tortueux, mais il est temps pour la Russie et pour l’Ukraine de faire des choix difficiles et de mettre fin aux combats. » Les États-Unis, qui sont en contact avec la partie ukrainienne et continueront de l’être, ont ouvert un dialogue avec la Russie afin de mettre fin au conflit grâce à un règlement durable acceptable pour toutes les parties concernées, a dit la déléguée.De son côté, la Russie également appelé tous les États Membres à se joindre aux États-Unis pour défendre une paix durable et mettre fin à la guerre. Acerbe, le délégué russe a dit ne pas connaître les noms des différents Ministres européens et vu dans leur présence à cette séance, en soutien de l’Ukraine, une tentative visant à saper les processus positifs enclenchés récemment pour parvenir à la paix. Il s’est réjoui de constater que « le Gouvernement à Washington » a maintenant une évaluation différente de la situation en Ukraine, avant de saluer l’enquête d’un groupe de représentants républicains au Congrès sur l’aide américaine prodiguée par le passé à l’Ukraine.Le délégué russe a notamment reproché à l’ancien Président Biden d’avoir apporté un « soutien aveugle » au Président Zelenskyy, avant de dénoncer le défi de la corruption au sein du « régime de Kiev », ainsi que ses agissements illégaux. Il s’est réjoui du fait que des représentants américains y fassent désormais référence dans leurs interventions. « Ceci nous donne espoir. » Les « alliés occidentaux de Kiev » qui imputaient jusque-là toute la faute à la Russie doivent aujourd’hui reconnaître les faits et se distancer de la « clique de Zelenskyy », a cinglé la délégation russe.Enfin, la Ministre Adjointe des affaires étrangères de l’Ukraine a pris la parole pour saluer l’adoption à l’Assemblée générale d’une résolution importante sur la situation en Ukraine dans la matinée. Nous ne pouvons pas en dire autant de la résolution de ce Conseil, qui est dépourvue d’un élément essentiel en ne qualifiant pas l’agresseur d’agresseur, a déclaré la Ministre Adjointe. Elle a rappelé que l’Ukraine se bat pour la liberté depuis trois ans, avant de souligner l’internationalisation du conflit, la Russie y ayant entraîné l’Iran et la République populaire démocratique de Corée.La Russie, qui a enregistré des pertes considérables, n’a pas pu vaincre notre force d’esprit, a-t-elle dit. Elle a accusé ce pays de vouloir saper la solidarité en faveur de l’Ukraine et de promouvoir des négociations sans l’Ukraine. « Pas de décision sur l’Ukraine sans l’Ukraine, pas de décision sur l’Europe sans l’Europe », a-t-elle également martelé. La Ministre Adjointe a enfin réclamé, à l’unisson des délégations européennes, des garanties de sécurité claires pour une paix juste et durable, afin que les sacrifices consentis n’aient pas été vains. « Il ne sera pas possible d’arrêter l’agresseur par l’apaisement », a-t-elle averti.NOUVEAU - Suivez la couverture des réunions en direct sur notre LIVEFédération de RussieUkraineÀ l’intention des organes d’information. 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