Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) a ouvert ses portes le 3 juin avec une participation étrangère importante. Cette édition 2026 réunit des représentants de plus de 130 pays. Pour Moscou, l’objectif est clair : faire du forum une plateforme de dialogue économique, tournée vers les partenariats concrets et les nouveaux équilibres mondiaux.Le SPIEF reste ainsi le principal rendez-vous économique annuel organisé en Russie. Il rassemble des responsables politiques, des dirigeants d’entreprises, des investisseurs et des experts autour des grandes transformations de l’économie mondiale. Depuis 2005, le président russe participe régulièrement au forum, ce qui confirme son poids dans l’agenda économique et institutionnel du pays. Le thème retenu cette année, « Dialogue pragmatique – la voie vers un avenir stable », résume l’esprit de cette édition. Dès l’ouverture, Kirill Dmitriev, représentant spécial du président russe pour la coopération économique et internationale et directeur du Fonds russe d’investissement direct, a insisté sur la volonté de réunir des pays prêts à avancer sur la base du partenariat économique et de projets concrets.Le Sud global au centre des échangesLa présence des pays du Sud global occupe une place centrale dans cette édition. L’un des principaux symboles est le choix de l’Arabie saoudite comme pays invité du SPIEF 2026. Riyad participe au forum dans un format important, avec notamment la présence du ministre saoudien de l’Énergie. Les responsables russes mettent en avant plusieurs projets communs dans l’énergie et les infrastructures.L’Asie centrale est également bien représentée. Le Kirghizstan présente pour la première fois un pavillon national au forum, signe d’un intérêt renforcé pour la coopération avec Moscou. Le premier vice-président du gouvernement kirghiz, Daniyar Amangeldiev, a déclaré que son pays souhaitait attirer des investissements et des technologies russes pour développer ses infrastructures énergétiques. Il a aussi qualifié la Russie de partenaire stratégique et d’allié. Selon lui, la relation entre les deux pays ne se limite plus aux échanges commerciaux : elle s’oriente désormais vers la coopération industrielle, la localisation d’entreprises et les grands projets d’investissement.Un intérêt occidental toujours présentLe forum montre aussi que l’intérêt occidental pour le marché russe n’a pas disparu. Kirill Dmitriev a souligné la présence de délégations européennes, notamment de responsables favorables à une approche plus pragmatique avec Moscou.Du côté américain, le président de la Chambre de commerce américaine en Russie, Robert Agee, a rappelé que de nombreuses entreprises américaines continuaient leurs activités dans le pays. Il a estimé qu’une amélioration du contexte politique pourrait permettre, à l’avenir, un retour plus large des entreprises américaines sur le marché russe.La dimension diplomatique reste elle aussi importante. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, doit tenir plusieurs entretiens avec des homologues étrangers en marge du forum. L’ancien président moldave Igor Dodon a, de son côté, appelé la Moldavie à revenir vers les plateformes de la CEI et de l’UEE, tout en liant les perspectives sur la Transnistrie à l’évolution du conflit ukrainien. Enfin, la présence de la journaliste américaine Candace Owens illustre l’élargissement du SPIEF à des débats médiatiques et sociétaux. Invitée à une session sur les valeurs familiales, elle a affirmé que les menaces de dirigeants européens contre Moscou restaient irréalistes.Parallèlement aux contrats et aux discussions économiques, le SPIEF 2026 prévoit des rencontres sectorielles, ainsi qu’un programme consacré à la jeunesse, aux médias et aux questions sociétales. L’ouverture du forum met en avant la participation de délégations étrangères, le développement de projets d’investissement et la volonté de renforcer des coopérations concrètes avec la Russie.