Un « chiffre record », tel est le superlatif employé ce 18 octobre au matin par la préfecture de police de Paris, qui a annoncé l'arrestation de 855 personnes dans la capitale la veille. Une journée qui a vu dans l’après-midi des heurts autour des rassemblements contre la vie chère et du cortège parisien parti de la Place de la République, et dans la soirée et une partie de la nuit des scènes de pillages d’une ampleur inédite.« Face à l’évolution constante des troubles, l'agilité, la réactivité et l’adaptation permanente du dispositif de la préfecture de Police ont permis de contenir la dynamique des groupes violents, caractérisés par leur volume inhabituel (500 à plus de 1000) », semblerait presque se féliciter la préfecture de police, et d’ajouter que « l'action des forces de l'ordre a également permis d’empêcher leur convergence puis de stabiliser la situation à partir de 23 heures ».À l’échelon national, ce sont plus de 1 800 personnes qui auraient été « pour l’heure » interpellées, a annoncé le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez dans un long message posté sur X. Un bilan qui vient rehausser celui donné Sébastien Lecornu, qui annonçait 1 200 personnes interpellées dans tout le pays. « À ce stade, plus de 500 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés, pris dans ces scènes de violences », a ajouté Laurent Nunez précisant que « ce bilan sanitaire n’est malheureusement que provisoire ».Une mobilisation et un dispositif d'ordre sous-estimésÀ titre de comparaison, lors de la journée dite de blocage des lycées le 1er octobre, près de 2 000 interpellations – 1 949, précisément – avaient été annoncées par la Place Beauvau. Soit, à ce stade, davantage que durant cette journée du 17 octobre qui a été marquée par un degré de violence inédit à travers le pays, mêlant saccage de bâtiments publics – avec tout particulièrement l’incendie qui a ravagé la mairie de Limoges – et le pillage de centres-villes tels que celui de Paris et de Marseille.Marseille, dont le maire Benoît Payan ne cesse de dénoncer sur les plateaux le maigre dispositif sécuritaire qui avait été déployé dans sa ville à l’occasion de cette journée qui s’annonçait pourtant mouvementée. 550 000 manifestants ont été recensés par le ministère de l’Intérieur – contre 800 000 selon les organisateurs et les syndicats – bien au-delà de ce à quoi s’attendaient visiblement les autorités, avec ce chiffre de 110 000 manifestants en France « hors Paris ».Du côté de la troisième ville de France, Lyon, où notamment une antenne de l’office du tourisme a été incendiée après avoir pillée, 160 interpellations auraient eu lieu dans la nuit du 17 au 18 octobre, a annoncé le préfet du Rhône, Étienne Guyot, précisant que parmi ces personnes se trouvaient « 124 majeurs, majoritairement masculins ».