Sénégal : à Dakar, une marche contre les féminicides après la mort d’une femme attaquée à l’acide

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Plus de 200 personnes ont marché le 16 octobre dans le quartier de Grand Dakar, dans la capitale sénégalaise, pour dénoncer les féminicides et réclamer justice pour Astou Pierre, une femme de 40 ans décédée des suites d’une attaque à l’acide attribuée à son ex-compagnon.Rassemblés à l’initiative du collectif « Justice pour Astou Pierre », les manifestants ont rejoint la préfecture de Grand Dakar pour demander aux autorités de retrouver le suspect, toujours en fuite, et de faire avancer l’enquête.L’agression remonte à la fin du mois de juin. Aspergée d’acide par son ancien compagnon, Astou Pierre a passé plusieurs semaines à l’hôpital, dont 21 jours en réanimation et 47 jours en soins intensifs, avant de succomber à ses blessures le 1er octobre. Elle laisse derrière elle une fille.« Nous exigeons que toute la lumière soit faite et que justice soit rendue », a déclaré le frère de la victime lors de la mobilisation. La famille a porté plainte, mais aucune arrestation n’avait été annoncée près de quatre mois après les faits.La peur face aux violences faites aux femmesLa marche a également permis à des proches, des voisins et des habitantes du quartier d’exprimer leur inquiétude face aux violences faites aux femmes et au sentiment d’impunité qu’ils dénoncent.« Ce qui se passe au Sénégal nous fait peur, nous les femmes », a déclaré Aïcha Goudiaby, vêtue d’un tee-shirt portant le portrait de la victime et la mention « Une vie brisée par la violence ». Elle a déploré l’absence d’arrestation malgré les annonces répétées d’une enquête en cours.Diodio Fall, 19 ans, a pour sa part évoqué le sentiment d’insécurité ressenti par certaines femmes et dénoncé le manque de considération dont leurs plaintes feraient l’objet.Pour Ababacar Saddikh, à l’origine du collectif « Justice pour Astou Pierre », la mobilisation doit aussi contribuer à briser le silence entourant les violences conjugales. Il a notamment dénoncé le poids du « soutoureu », une norme sociale qui encourage à préserver les affaires familiales de l’exposition publique.Un appel à inscrire le féminicide dans le Code pénalDevant la préfecture de Grand Dakar, les manifestants ont demandé aux forces de l’ordre d’intensifier les recherches pour retrouver le suspect et appelé la justice à faire avancer le dossier.Le collectif réclame également l’inscription du féminicide dans le Code pénal sénégalais, afin de renforcer la reconnaissance de ces crimes et la lutte contre les violences faites aux femmes. Le mouvement exige cette des suites judiciaires mais veut également contribuer à une prise de conscience plus large sur la protection des femmes au Sénégal.