France : 174 réalisateurs dénoncent le projet de budget 2027 et ses conséquences sur l'industrie du cinéma

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Dans une tribune publiée le 14 octobre par Le Monde, 174 cinéastes français et francophones ont appelé les députés à s’opposer à plusieurs mesures du projet de budget 2027. Parmi les signataires figurent Jacques Audiard, Justine Triet, Claire Denis, Costa-Gavras et les frères Dardenne. Selon eux, les dispositions envisagées pourraient empêcher la réalisation de 80 films chaque année.Cette mobilisation intervient alors que le gouvernement français cherche à réduire les dépenses publiques. Les professionnels redoutent notamment une remise en cause du système de financement du cinéma, qui repose sur les contributions des salles, des chaînes de télévision et des plateformes, notamment par l’intermédiaire du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).Leurs inquiétudes portent sur trois mesures : une nouvelle baisse de 47 millions d’euros du budget de France Télévisions, le doublement de la TVA sur les offres de télévision payante, qui passerait de 10 % à 20 %, et un éventuel prélèvement de l’État sur les ressources du CNC. Cette dernière mesure pourrait être proposée par le rapporteur du budget sous forme d’amendement.Des conséquences économiques redoutéesLa hausse de TVA toucherait particulièrement Canal+, l’un des principaux financeurs du cinéma français. Son dirigeant, Maxime Saada, estime qu’elle entraînerait un manque à gagner annuel de 200 millions d’euros.Elle remettrait également en cause l’accord signé le 28 juillet, par lequel Canal+ s’est engagé à investir près d’un milliard d’euros sur cinq ans dans le cinéma français et européen. Selon les signataires, la remise en cause de cet accord entraînerait une perte de 750 millions d’euros pour la création cinématographique entre 2028 et 2032. Au total, 400 films pourraient ne jamais voir le jour sur cette période.Ces risques concernent une industrie qui représente, selon la tribune, 260 000 emplois directs et indirects. Les cinéastes craignent que les restrictions budgétaires n’affectent durablement la production nationale et les entreprises qui en dépendent.Leurs inquiétudes s’inscrivent dans un contexte de réduction des dépenses publiques. Le gouvernement français vise 54 milliards d’euros d’économies afin de ramener le déficit à 5 % du PIB.Les cinéastes interpellent le ParlementFace à ces menaces, les signataires appellent les députés à protéger les ressources du CNC, à préserver le financement de l’audiovisuel public et à maintenir une TVA réduite. Ils réclament également une loi consacrée au cinéma pour encadrer l’usage de l’intelligence artificielle et pérenniser la chronologie des médias, qui fixe les délais de diffusion des films après leur sortie en salle.Le sort de la hausse de TVA reste toutefois incertain. Le 9 octobre, la commission des finances de l’Assemblée nationale a adopté des amendements visant à la supprimer. Ce vote ne constitue cependant pas une décision définitive, le projet de budget restant soumis à l’examen parlementaire.Dans leur tribune, les cinéastes mettent ainsi en garde contre des choix budgétaires susceptibles d’affaiblir durablement la production française, alors que les autorités du pays mettent en avant la défense de la souveraineté culturelle.