Nigeria : les familles des victimes du crash militaire réclament des réponses, les enquêtes se multiplient

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Les proches des victimes du crash d’un avion de l’armée de l’air nigériane (NAF) dénoncent le manque d’informations sur les circonstances de l’accident et la récupération des dépouilles. Le 5 octobre, un ATR-42 militaire reliant Benin City à Lagos s’était écrasé dans une zone marécageuse d’Igbokoda, dans l’État d’Ondo, faisant 25 morts, dont 19 militaires et six civils.Plusieurs familles endeuillées affirment n’avoir reçu que peu d’informations des autorités. Le frère d’une militaire décédée dans le crash raconte que sa sœur avait envisagé de poursuivre son trajet en bus après un arrêt de l’appareil à Benin City, qu’elle attribuait à un problème technique. Une autre famille affirme n’avoir été contactée par aucun représentant de l’armée. De son côté, la NAF assure poursuivre les recherches et s’engage à soutenir les proches des victimes.Des enquêtes sur les causes du crash et l’entretien des avionsLe président Bola Tinubu a ordonné une enquête sur l’accident. L’armée de l’air a mis en place une commission de douze membres chargée d’examiner les circonstances du crash, notamment les facteurs techniques, humains et organisationnels. Elle souligne qu’aucune conclusion ne peut être tirée avant la fin des investigations.Le Sénat et la Chambre des représentants ont également décidé d’enquêter sur l’entretien de la flotte militaire. Les parlementaires demandent un audit des appareils, un examen des budgets de maintenance et davantage de moyens pour remplacer les avions vieillissants. Le Sénat réclame aussi la publication des conclusions de l’enquête.Ces investigations interviennent après une série d’accidents impliquant l’aviation militaire nigériane. Au moins neuf accidents d’appareils de la NAF avaient fait plus de 30 morts au cours des cinq années précédant cette catastrophe.Des inquiétudes sanitaires à IgbokodaSur les lieux du crash, les habitants redoutent les conséquences environnementales de l’accident. Le chef d’Igbokoda, Afolabi Odidiomo, signale des odeurs nauséabondes, des restes humains flottant dans l’eau et des traces de carburant près de l’épave.Il demande aux autorités d’accélérer la récupération des dépouilles, de nettoyer la zone et de fournir de l’eau potable à la population. Le commissaire à l’Environnement de l’État d’Ondo, Tob Loko, reconnaît l’existence d’une pollution et indique qu’une évaluation des risques sanitaires est en cours. Il précise toutefois que les habitants disposent de forages et conteste les affirmations selon lesquelles ils seraient privés d’eau potable.