Le Moyen-Orient se trouve au bord d’une reprise de la guerre à grande échelle, a averti Sergueï Lavrov ce 18 octobre, lors d’une conférence de presse à Manama, capitale de Bahreïn. Le chef de la diplomatie russe a insisté sur la nécessité de privilégier les négociations et de s’attaquer aux causes profondes des tensions, notamment autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz. (function() { VK.Widgets.Post("vk_post_-216965535_241711", -216965535, 241711, "xCYIA6lElFsEAMoEzNdi517jdvet"); }()); (function() { VK.Widgets.Post("vk_post_-216965535_241721", -216965535, 241721, "B7rkAKclif3qRsGD2LDgNMrZVyhT"); }());Le ministre s’exprimait à l’issue de la neuvième réunion du dialogue stratégique entre la Russie et le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui réunit six monarchies arabes. Lors de sa visite, il a également été reçu par le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al Khalifa, auquel il a transmis les salutations du président Vladimir Poutine.Pour Moscou, le retour à la stabilité passe notamment par l’application du mémorandum d’Islamabad conclu entre les États-Unis et l’Iran. Sergueï Lavrov a estimé que cet accord offrait toujours une base pour relancer les discussions et rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.Le ministre russe a aussi dénoncé les actions des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, les jugeant contraires aux principes de souveraineté et de non-ingérence. Face à ces tensions, il a défendu la proposition de Moscou d’un système de sécurité associant les monarchies du Golfe, l’Iran, l’Irak et la Jordanie. Selon lui, les puissances extérieures doivent respecter les intérêts des pays de la région plutôt que leur imposer leurs propres objectifs géopolitiques.Sur la Palestine, Sergueï Lavrov a constaté que le plan du président américain Donald Trump pour Gaza restait largement inappliqué. Il a dénoncé le non-respect des dispositions relatives au contrôle du territoire et réaffirmé la position russe en faveur d’un État palestinien conformément aux résolutions de l’ONU. Moscou et ses partenaires du Golfe entendent poursuivre leurs démarches communes dans ce sens.La crise au Yémen a également été abordée. La Russie et les pays du Golfe soutiennent un règlement politique du conflit entre l’Arabie saoudite et les Houthis, en s’appuyant notamment sur la feuille de route élaborée en 2023.Ukraine : Lavrov met en cause Kiev et les politiques européennesSur le dossier ukrainien, Sergueï Lavrov a remercié les pays du Golfe pour leur position qu’il juge « équilibrée » et pour leurs efforts de médiation, notamment dans les échanges de prisonniers et la réunification des enfants avec leurs familles.Le chef de la diplomatie russe a ensuite accusé Volodymyr Zelensky d’avoir fait échouer à plusieurs reprises les négociations avec Moscou. Selon lui, le dirigeant ukrainien redouterait qu’un accord acceptable pour la Russie et les États-Unis ne mette fin à son pouvoir.Sergueï Lavrov a également reproché aux pays européens de déstabiliser les marchés énergétiques pour soutenir Kiev et d’encourager les frappes contre les infrastructures russes. Il a par ailleurs souligné que les discussions sur les livraisons de diesel russe aux États-Unis relevaient exclusivement de Moscou et de Washington.Russie et pays du Golfe : des relations économiques en pleine progressionLe dialogue de Manama a également mis en lumière le développement des échanges entre la Russie et les monarchies du Golfe. Selon les chiffres présentés par Sergueï Lavrov, leur commerce a progressé de 45 % en 2025 pour atteindre près de 19 milliards de dollars, un niveau que les participants jugent encore susceptible d’augmenter.Cette coopération concerne aussi l’énergie. Moscou entend poursuivre sa coordination avec ses partenaires du Golfe, notamment dans le cadre de l’OPEP+ et du Forum des pays exportateurs de gaz. Sergueï Lavrov a exprimé l’espoir de voir leurs dirigeants participer au sommet de ce dernier, prévu les 28 et 29 octobre à Moscou.Les relations se développent également dans le domaine des déplacements. Quatre des six États du CCG ont déjà signé des accords de voyage sans visa avec la Russie, et Moscou souhaite que les deux autres suivent cette voie.La prochaine réunion du dialogue stratégique Russie-CCG se tiendra en Russie, sous la présidence de l’Arabie saoudite, a annoncé Sergueï Lavrov.