Vanuatu relance son bras de fer avec la France sur deux îlots stratégiques du Pacifique

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À l'occasion de sa fête nationale fin juillet, le Premier ministre vanuatais Jotham Napat a réaffirmé la volonté de son pays de récupérer la souveraineté sur Matthew et Hunter, deux îlots volcaniques habités, aujourd'hui administrés par la France. « Notre génération doit achever l'œuvre de l'indépendance », a-t-il déclaré le 30 juillet, estimant que la décolonisation de l'ancienne copropriété franco-britannique n'était pas achevée.Situés à environ 300 kilomètres au sud de Vanuatu et 400 kilomètres à l'est de la Nouvelle-Calédonie, ces deux territoires sont au cœur d'un ancien différend diplomatique. La France en revendique la souveraineté depuis 1965, à la suite d'un accord conclu avec le Royaume-Uni alors que l'archipel était encore placé sous administration conjointe. Pour Port-Vila, cet arrangement est contraire au droit international, les populations autochtones n'ayant jamais été consultées avant la décision.L'enjeu dépasse largement la superficie de ces îlots, qui représentent moins d'un kilomètre carré. Leur rattachement à la France lui permet d'étendre sa zone économique exclusive dans le Pacifique de près de 350 000 km², renforçant son poids stratégique dans une région marquée par la compétition entre puissances.Des négociations relancéesLes négociations entre Paris et Port-Vila, relancées fin 2025 après plusieurs années d'interruption, semblent aujourd'hui dans l'impasse. Après une rencontre à Paris en juillet, le vice-Premier ministre vanuatais Johnny Koanapo avait estimé que « les positions étaient manifestement trop éloignées ». La France assure toutefois que le dialogue reste ouvert et se dit prête à poursuivre les discussions.Face à ce blocage, Vanuatu pourrait explorer plusieurs voies. Une médiation internationale constitue une première option, même si elle nécessiterait l'accord des deux parties. Le pays pourrait également chercher à obtenir un avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) via l'ONU, une stratégie déjà utilisée avec succès par Maurice dans le dossier des Chagos face au Royaume-Uni.Les arguments de Port-Vila reposent notamment sur le principe d'autodétermination des peuples colonisés. Selon des experts, ils présentent certaines similitudes avec l'affaire des Chagos, où la CIJ avait estimé en 2019 que le processus de décolonisation n'avait pas été mené à son terme.La France, de son côté, met en avant l'exercice continu de sa souveraineté sur Matthew et Hunter depuis plusieurs décennies, un élément reconnu par le droit international. Mais Vanuatu entend poursuivre son combat. « Nous sommes une petite nation, mais nous n'avons pas peur de parler d'égal à égal avec les grandes nations », a affirmé Jotham Napat, alors que son pays s'est déjà imposé comme un acteur influent dans les débats internationaux sur le climat.