En Iran, la population s’habitue aux menaces de guerre et à l’incertitude américaine

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Depuis plusieurs mois, les déclarations de Donald Trump sur la guerre avec l'Iran rythment l'actualité : menaces de frappes massives, promesses de négociations et messages contradictoires se succèdent. Mais à Téhéran, une partie de la population confie avoir arrêté de suivre ces annonces quotidiennes, jugées anxiogènes et imprévisibles, selon un reportage d'Al Jazeera diffusé le 3 août.Faezeh, employée dans une société financière de la capitale, explique à la chaîne qatarie vouloir se protéger de cette « incertitude permanente » en se concentrant sur son quotidien et ses proches. Comme elle, de nombreux Iraniens ont choisi de limiter leur exposition aux informations liées au conflit, alors que la guerre approche de son sixième mois.Pour Roham, son collègue, la stratégie de communication de Donald Trump repose davantage sur les réseaux sociaux et la pression psychologique que sur des décisions concrètes. « Il parle plus et n'a plus besoin d'agir autant », estime-t-il, considérant que cette rhétorique alimente surtout l'instabilité économique et politique.Des versions différentesCette incertitude pèse directement sur l'économie iranienne. Le rial continue de se déprécier fortement : il s'échangeait récemment autour de 1,91 million de rials pour un dollar sur le marché libre, proche de son plus bas niveau historique. L'inflation reste également une préoccupation majeure, avec une hausse des prix estimée à près de 90 % sur un an, selon les autorités statistiques iraniennes.Certains Iraniens tentent toutefois d'interpréter les déclarations américaines à travers des considérations économiques. Ali, cadre dans une entreprise technologique, estime que Donald Trump cherche avant tout à préserver les marchés financiers et les prix de l'énergie, et qu'il privilégiera un accord présenté comme une victoire politique plutôt qu'une nouvelle offensive militaire, a-t-il fait savoir au micro d'Al Jazeera.Sur le plan diplomatique, Washington affirme que les discussions avec Téhéran pourraient reprendre sous médiation régionale. L'Iran assure de son côté avancer avec Oman sur la question du détroit d'Ormuz, tout en refusant de revenir à la situation d'avant-guerre. Téhéran exige notamment la levée des sanctions américaines et maintient ses positions sur son programme nucléaire et ses alliances régionales.Le président iranien Massoud Pezechkian continue de défendre l'idée d'un accord avec les États-Unis, estimant que le mémorandum signé en juin pourrait devenir un « centre de gravité » des relations extérieures iraniennes. Mais Donald Trump maintient la pression, affirmant qu'aucune solution ne sera possible sans accord ou « capitulation totale » de Téhéran.