Liban : au cœur du marchandage entre Washington, Téhéran et Israël

Wait 5 sec.

Le Liban s’impose comme l’un des dossiers centraux du mémorandum d’entente conclu entre Washington et Téhéran. Le texte réclame une fin « immédiate et permanente » du conflit sur le territoire libanais et insiste sur le respect de son intégrité territoriale et de sa souveraineté. Une formulation qui nourrit les arguments du Hezbollah, alors que le mouvement avait vivement critiqué les négociations directes engagées entre Beyrouth et Tel Aviv sous médiation américaine.Dans l’entourage du Hezbollah, on affirme que le retrait israélien du Sud-Liban figurera parmi les sujets majeurs des discussions prévues entre les États-Unis et l’Iran. Téhéran se retrouve ainsi face à un choix stratégique : préserver un accord favorable sur le nucléaire et les sanctions ou maintenir son soutien à son principal allié régional si Israël refuse de se retirer.Israël renforce ses positions au LibanDes responsables iraniens ont récemment multiplié les déclarations soulignant l’importance du Liban dans leur vision régionale. D’autres analystes estiment toutefois que Téhéran cherchera surtout à utiliser le dossier libanais comme levier diplomatique sans remettre immédiatement en cause l’ensemble de l’accord.En parallèle, Israël paraît peu disposé à céder rapidement. Le gouvernement israélien poursuit ses discussions avec Washington afin de conserver une présence militaire au Sud-Liban et de conditionner tout retrait à des garanties sécuritaires. Le président américain Donald Trump a, pour sa part, réaffirmé son soutien au droit d’Israël à se défendre tout en appelant à davantage de retenue.Sur le terrain, la situation reste fragile. Malgré les perspectives de cessez-le-feu, l’armée israélienne a étendu ses frappes au sud du Liban ces derniers jours, notamment dans la région de Nabatiyé, faisant au moins 16 morts selon les autorités locales. Israël a également élargi sa « zone de sécurité », accentuant les tensions.Face à cette impasse, Beyrouth mise sur la voie diplomatique. Les autorités libanaises préparent un plan de retrait progressif accompagné du déploiement de l’armée nationale dans les zones concernées. Reste à savoir si le Hezbollah acceptera de s’inscrire durablement dans cette logique ou s’il continuera à lier son avenir militaire aux équilibres régionaux.