Pourparlers Iran–États-Unis en Suisse : le premier cycle s’achève par le départ de la délégation iranienne après des menaces de Trump

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Le premier cycle des discussions entre l’Iran et les États-Unis s’est achevé le 21 juin en Suisse après plusieurs heures de réunions techniques organisées à huis clos, avec la participation des médiateurs du Qatar et du Pakistan. Cette première séquence devait permettre de vérifier la mise en œuvre des engagements déjà prévus par le mémorandum d’Islamabad signé le 18 juin.Ce texte prévoit que les négociations sur un accord final ne peuvent commencer qu’après l’application de plusieurs dispositions clés : cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, levée du blocus maritime américain, rétablissement de la navigation dans le détroit d’Ormuz, assouplissement des restrictions sur les exportations pétrolières iraniennes et déblocage des avoirs gelés de Téhéran.Pour l’Iran, la priorité de ce premier cycle était donc de vérifier les dispositions liées au cessez-le-feu au Liban avant toute transition vers l’étape suivante. Cette position permet à Téhéran de replacer les discussions dans le cadre des engagements écrits, alors que la situation sur le terrain reste fragile.Ormuz : évolution limitée, conditions maintenuesUn premier résultat concret a été évoqué au cours de la journée. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar a déclaré qu’aucun droit de transit ne serait appliqué aux navires traversant le détroit d’Ormuz pendant la période de négociation de 60 jours.Cette évolution reste toutefois limitée. Téhéran continue de considérer que la réouverture durable d’Ormuz est directement liée au respect plus large des engagements prévus dans le mémorandum, notamment sur le Liban, les avoirs gelés et les exportations pétrolières.Menaces américaines et réaction iranienneLa séquence a changé de ton dans les dernières heures des pourparlers. Donald Trump a déclaré que les États-Unis pourraient mener de nouvelles frappes contre l’Iran, en liant directement cette menace à la situation au Liban ainsi qu'aux autres groupes soutenus par Téhéran. Sur Truth Social, le président américain a également averti qu’une nouvelle fermeture d’Ormuz entraînerait une réponse américaine plus forte.La délégation iranienne aurait quitté les négociations en signe de protestation après ces déclarations. Elle serait toutefois restée présente à l’hôtel Bürgenstock, où se tiennent les pourparlers. Les discussions se seraient également terminées plus tôt que prévu, sans annonce d’un accord final.Les membres de la délégation iranienne avaient déjà refusé la poignée de main protocolaire ainsi que la photo commune avec les représentants américains au début de la rencontre. Téhéran considère aussi les déclarations de Donald Trump comme incompatibles avec le premier point du mémorandum, qui prévoit que les parties s’abstiennent de toute menace mutuelle.Un membre de la délégation iranienne, Hossein Korbanzadeh, a déclaré que les discussions ne reprendraient pas tant que les opérations militaires au Liban se poursuivraient. Le président iranien Massoud Pezechkian a, de son côté, réaffirmé que l’Iran n’entendait pas renoncer à son droit à l’enrichissement de l’uranium.À ce stade, aucune rupture officielle du processus n’a été annoncée. Une nouvelle session pourrait néanmoins être organisée dans les prochaines heures, tandis que la reprise effective du dialogue reste suspendue aux conditions posées par Téhéran, à la fin des menaces américaines et au respect du mémorandum.