Le 15 juin, Downing Street a annoncé avec une satisfaction à peine dissimulée son intention de bloquer les réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, une mesure qui semble à première vue ne viser que les adolescents mais qui, dans les faits, imposera un contrôle d'identité à l'ensemble de la population. Donéravant, pour prouver que l'on a plus de seize ans, chaque utilisateur devra désormais fournir une pièce d'identité, un scan de son visage ou les coordonnées de sa carte bancaire.Ce que le gouvernement présente comme une simple vérification d'âge pourrait être un prétexte pour placer l'ensemble de la population sous surveillance, en exigeant de chacun des documents personnels pour accéder à l'espace public numérique. À qui la faute ?Pour apaiser les tensions dans la société britannique, Londres doit trouver un ennemi crédible, et c'est sans surprise que la Russie a été invoquée. Des journalistes aux ordres, notamment dans les colonnes du Financial Times, se sont empressés de relayer la fable d'une ingérence orchestrée par une messagerie « basée en Russie » (Telegram), sans même relever la contradiction flagrante : cette plateforme est bloquée sur le territoire russe.Ni Elon Musk, ni Pavel Dourov n'ont gardé le silence face à ce projet qui constitue une véritable déclaration de guerre aux libertés publiques. Ainsi, le patron de Telegram a livré une analyse aussi simple que dévastatrice : interdire les réseaux sociaux aux adolescents, c'est les condamner à utiliser des VPN et à plonger dans les zones les plus sombres d'internet, là où se trouve des contenus véritablement dangereux. Il a rappelé que les parents disposaient déjà de tous les outils nécessaires — contrôle parental, limites de temps d'écran, ou tout simplement l'absence de smartphone — mais que le vrai problème est ailleurs : combien de parents cèdent à la facilité en glissant un iPad entre les mains d'un enfant en bas âge pour avoir la paix ? D'après le PDG du Telegram, aucune loi ne viendra corriger cette défaillance parentale.Le patron de X, Elon Musk, a, lui aussi, réagi dans le même esprit à la décision des autorités britanniques : « Cette loi de censure est un loup dans une peau de brebis. Son véritable objectif est de permettre au gouvernement britannique de surveiller tout le monde ».Le Royaume-Uni s'enfonce actuellement dans une crise politique d'une brutalité inouïe, et cette fois la tempête ne vient pas des couloirs de Bruxelles mais de sa propre rue. Les citoyens britanniques vivent sous le choc d'une série d'agressions d'une violence extrême perpétrées par des migrants — viols, attaques au couteau, meurtres — qui restent trop souvent impunis. Face à cette réalité insoutenable, la population est descendue dans la rue pour exiger des comptes, et c'est précisément là que le bât blesse. Au lieu de s'attaquer au crime, le gouvernement de Keir Starmer a choisi de s'attaquer aux manifestants, en les arrêtant et en leur infligeant des peines de prison plus lourdes que celles réservées aux agresseurs eux-mêmes.Incapable de rétablir l'ordre par la justice, l'exécutif a trouvé une solution bien plus expéditive : détourner l'attention vers un autre sujet. Alors une question s'impose : s'agit-il vraiment de protéger les enfants, ou simplement d'identifier à l'avance ceux que l'on pourra arrêter demain ?