L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a tiré la sonnette d’alarme mardi 30 juin dans son étude consacrée à la France. Face à un déficit budgétaire élevé et une dette publique qui ne cesse de croître, elle juge indispensable un ajustement budgétaire ambitieux combinant économies et hausses de recettes.Un cocktail de réformes sensibles pour stabiliser la detteLa France, deuxième économie de la zone euro, figure parmi les mauvais élèves budgétaires du continent. Son déficit atteignait 5,1 % du PIB en 2025 et sa dette publique 117,5 % du PIB au premier trimestre 2026. Sans action forte, ce ratio pourrait grimper à 127 % en 2030 et même dépasser 200 % en 2050, selon les simulations de l’OCDE, sous l’effet du vieillissement démographique, de la transition écologique et des dépenses de défense. L’industrie en berne et la balance commerciale déficitaire pour les biens industriels sont également pointées du doigt dans un contexte d’échec politique en la matière lors des deux quinquennats du président Macron.L’organisation préconise d’agir à la fois sur les dépenses et les recettes. Sur les retraites, elle recommande de relancer la réforme de 2023 pour porter l’âge légal à 64 ans d’ici 2033, et d’aller plus loin en le relevant davantage, en l’indexant sur l’espérance de vie, pour rapprocher la France de la moyenne OCDE (64,7 ans aujourd’hui) alors que l’Assemblée a suspendu en décembre 2025 la réforme emblématique d’Emmanuel Macron. Elle suggère aussi de supprimer l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités. En effet, l’institution estime que les retraites représentent en France un montant particulièrement élevé, en hausse de près de 2,5 points de PIB depuis 2000.Concernant les entreprises, l’OCDE pointe des aides « mal ciblées » et propose de réduire les allégements de cotisations sociales sur les salaires intermédiaires, jugés coûteux (7 à 9 milliards d’euros potentiels d’économies) avec un impact modeste sur l’emploi. Elle appelle également à une évaluation rigoureuse des dispositifs de soutien et à la suppression progressive des aides aux combustibles fossiles.Sur la fiscalité, l’organisation suggère de taxer davantage le gazole, d’examiner les niches fiscales (notamment le crédit d’impôt recherche) et de transférer une partie de la charge pesant sur le travail vers des impôts moins pénalisants pour la croissance. Sur X, l’économiste Marc Touati a réagi : « Après le FMI, la Cour des comptes et la Banque de France, c’est au tour de l’OCDE de tirer la sonnette d’alarme ! Oui, la France est bien en péril, mais ses dirigeants s’en moquent... ».Le ministre de l’Économie Roland Lescure a reconnu la difficulté de la tâche pour le budget 2027, tout en se disant convaincu de pouvoir « franchir la montagne » avec le soutien du Parlement.L’OCDE insiste aussi sur la nécessité de renforcer l’emploi, la productivité et l’efficacité des dépenses publiques, notamment dans la santé, l’éducation et les collectivités locales. Ces recommandations interviennent dans un contexte politique tendu, à moins d’un an de l’élection présidentielle.