Le gouvernement irakien a annoncé qu’il donnait jusqu’au 30 septembre aux groupes armés pro-iraniens présents sur son territoire pour remettre leurs armes à l’État, une décision qui s’inscrit dans un contexte de fortes pressions exercées par les États-Unis. Cette mesure intervient alors que la fin de la mission de la coalition internationale antidjihadiste, conduite par Washington, est également prévue à la même échéance.Selon le porte-parole du gouvernement irakien, Haidar Abboudi, toutes les factions armées ont été informées de cette date butoir, après laquelle toute détention d’armes en dehors du cadre étatique sera considérée comme illégale et passible de poursuites judiciaires. Cette annonce vise directement les groupes dits de la « résistance », dont plusieurs sont proches de l’Iran et ont déjà mené des attaques contre des intérêts américains en Irak, notamment lors des tensions régionales récentes.Ces formations refusent toutefois de se désarmer tant que des forces étrangères resteront présentes dans le pays, en particulier celles déployées dans le cadre de la coalition internationale dirigée par Washington contre les organisations djihadistes. Leur présence, bien que réduite, demeure un point de friction majeur dans l’équilibre sécuritaire irakien.Énième guerre d’influence entre Téhéran et WashingtonLa décision de Bagdad intervient à l’approche d’une visite du Premier ministre irakien à Washington, prévue le 17 juillet, qui devrait être dominée par les questions sécuritaires et la réorganisation des relations militaires entre les deux pays. Les États-Unis, qui conservent une influence importante en Irak, réclament depuis plusieurs mois un désarmement de ces groupes, qu’ils qualifient d’organisations terroristes et accusent d’agir en marge de l’État.Le chef du gouvernement a réaffirmé son engagement à garantir le monopole des armes aux institutions officielles. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à attirer les investissements étrangers, notamment dans le secteur énergétique, après des décennies de conflits et d’instabilité.Historiquement, l’Irak a été le théâtre d’un jeu d’équilibre entre Téhéran et Washington, chacun soutenant des acteurs différents au sein du paysage politique et militaire local.