Les autorités maliennes affirment disposer d’éléments attestant que certains auteurs d’attentats sur le territoire national auraient été formés en Ukraine. Cette déclaration a été faite par Fouseynou Ouattara, vice-président de la Commission de défense du Conseil national de transition, dans un entretien accordé à l’agence russe TASS le 9 juillet.Selon le responsable malien, les services de sécurité ont identifié plusieurs individus qui auraient reçu une formation au pilotage de drones kamikazes en Ukraine. Il affirme que ces personnes sont répertoriées par les autorités, qui disposent de leurs identités et les ont inscrites sur leurs listes de surveillance.Fouseynou Ouattara soutient également que les drones utilisés lors des attaques terroristes seraient d’origine ukrainienne. Il affirme en outre que les groupes armés bénéficieraient d’un soutien logistique et humain provenant de pays voisins, notamment de l’Algérie et de la Libye. Toujours selon ses dires, ces combattants seraient formés par des spécialistes de la Légion étrangère française ainsi que par des instructeurs ukrainiens.Plusieurs jours de combats Le responsable malien ajoute que les interrogatoires de combattants touaregs capturés auraient révélé des différences linguistiques. D’après lui, les dialectes parlés par certains prisonniers ne correspondent pas au tamasheq utilisé au Mali, ce qui laisserait penser qu’ils seraient originaires de Mauritanie, d’Algérie ou de Libye.Ces déclarations interviennent dans un contexte de forte intensification des opérations militaires dans le nord du Mali. Les forces armées maliennes, avec l’appui de leurs partenaires internationaux, ont récemment mené des offensives autour de la localité d’Anéfis. Selon les autorités, plus de 200 combattants auraient été tués au cours de ces opérations.Le 4 juillet, le ministère malien de la Défense et des Anciens Combattants a annoncé que plusieurs positions militaires avaient été visées par des attaques coordonnées à Aguelok, Anéfis, Gao, Kenioroba, Konna, Sévaré et Somadougou. L’armée affirme avoir repoussé ces offensives avec le soutien de ses alliés, même si des affrontements se poursuivent encore dans la région d’Anéfis, où est implantée une importante base militaire.Les autorités maliennes attribuent ces attaques au Front de libération de l’Azawad (FLA) et au Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimeen (JNIM), groupe affilié à Al-Qaïda. Les responsables burkinabè, maliens et nigériens accusent régulièrement la France de favoriser des groupes armés dans la région afin de déstabiliser l’AES. Le Mali et le Niger ont par ailleurs annoncé la rupture de leurs relations avec Kiev dans la foulée de l’embuscade meurtrière tendue fin juillet 2024 dans le nord du Mali par les Touareg de l’Azawad (CSP-DPA) et d’Al-Qaïda au Sahel.