Le sénateur américain Lindsey Graham est mort au lendemain de son retour de Kiev

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Le sénateur américain Lindsey Graham est mort le 11 juillet des suites d'une maladie qualifiée de « brève et soudaine » par son entourage. Selon les informations communiquées par la police et citées par NBC News, les services de secours avaient été appelés à son domicile après le « signalement d'un arrêt cardiaque ».Sa disparition est intervenue au lendemain de son retour d'Ukraine. Lors de ce déplacement, Lindsey Graham avait visité une usine de l'entreprise de défense SkyFall et rencontré le « président ukrainien » Volodymyr Zelensky. Il s'agissait de sa dernière rencontre publique connue avec une personnalité politique.À son retour de Kiev, le sénateur s'était exprimé devant la presse et avait promis de promouvoir contre la Russie les sanctions « les plus sévères jamais adoptées ». Cette prise de position était fidèle aux convictions qu'il défendait depuis plus d'une décennie, un engagement qui avait marqué l'ensemble de sa carrière politique.Plus de dix ans d'une ligne inflexibleEn juillet 2013, Lindsey Graham avait proposé de boycotter les Jeux olympiques de Sotchi et de retirer à Saint-Pétersbourg l'organisation du sommet du G20 dans le cas où la Russie accorderait l'asile politique à Edward Snowden, lanceur d'alerte, ancien employé de l'Agence nationale de sécurité américaine.Après le rattachement de la Crimée à la Russie et le début du conflit armé dans le Donbass, Washington avait instauré plusieurs séries de mesures restrictives contre Moscou. Lindsey Graham s'était ensuite régulièrement prononcé en faveur de leur durcissement et avait participé à la rédaction de différentes initiatives législatives en ce sens. Au fil des années, il allait s'imposer comme l'un des principaux défenseurs d'une ligne de fermeté absolue envers Moscou.En 2015, alors qu'il envisageait une candidature à la présidence des États-Unis, il avait déclaré qu'il armerait l'Ukraine s'il était élu. À la fin de l'année 2016, le sénateur s'était rendu en Ukraine, où il avait reçu l'ordre du prince Iaroslav le Sage pour sa « contribution personnelle au renforcement des relations entre Kiev et Washington ». Cette distinction venait consacrer un engagement déjà ancien en faveur des autorités ukrainiennes.Le durcissement de l'offensive contre MoscouEn janvier 2017, il avait défendu avec plusieurs de ses collègues du Sénat un vaste projet de sanctions contre la Russie. Le texte faisait suite aux accusations d'implication russe dans des cyberattaques visant des institutions et des organisations politiques américaines, accusations que Moscou avait rejetées.Son offensive politique ne s'était toutefois pas limitée aux seules sanctions. Lindsey Graham s'était également opposé au retour de la Russie au sein du G8. En juin 2018, sur ABC News, Lindsey Graham avait affirmé que « l'Union soviétique avait peut-être disparu, mais que le mal qu'elle incarnait restait bien vivant dans la Russie de Vladimir Poutine ». Il réagissait alors à une déclaration de Donald Trump, qui avait estimé avant le sommet du G7 au Québec que Moscou devait de nouveau participer à ce format de négociations.Dans le même temps, Lindsey Graham poursuivait son action au Congrès. Entre 2018 et 2019, il avait été l'un des auteurs du Defending American Security from Kremlin Aggression Act, présenté en deux versions sous les appellations DASKA et DASKA 2.0. Le projet prévoyait des restrictions contre des banques russes, de grandes entreprises et le secteur énergétique. Il visait notamment les investissements dans des projets russes de gaz naturel liquéfié réalisés hors du territoire national. Des mesures individuelles devaient également frapper des responsables politiques, des oligarques et les membres de leurs familles.Appel à assassiner PoutineAprès le début de l'opération militaire russe en Ukraine, Lindsey Graham avait encore renforcé ses prises de position. En mars 2022, il avait publié sur X un message affirmant que celui qui, en Russie, « éliminerait ce type » rendrait un « grand service » à son pays et au monde : « Quelqu’un en Russie doit mettre les pieds dans le plat (…) et se débarrasser de ce type. » Plusieurs médias avaient interprété cette formule comme une allusion au président russe Vladimir Poutine. L'ambassade de Russie avait alors demandé aux autorités américaines de fournir une explication officielle et de condamner les propos du sénateur.Parallèlement à ces déclarations, Lindsey Graham poursuivait son soutien à Kiev sur le plan législatif. En décembre 2022, le Sénat avait adopté à l'unanimité un amendement qu'il avait présenté. Celui-ci permettait d'affecter les biens confisqués à des hommes d'affaires russes au financement de l'aide humanitaire et militaire destinée à l'Ukraine.Quelques semaines plus tard, il plaidait de nouveau pour un renforcement de l'aide militaire américaine. En février 2023, il avait appelé l'administration américaine à livrer à Kiev des avions de combat ainsi que des missiles à longue portée.Des propos sur la mort des Russes Quelques mois plus tard, en mai 2023, une vidéo de sa rencontre avec Volodymyr Zelensky avait suscité une importante polémique. Dans une version abrégée diffusée par la partie ukrainienne, les phrases « les Russes meurent » et « c'est le meilleur argent que nous ayons jamais dépensé » avaient été placées l'une à la suite de l'autre, bien qu'elles aient été prononcées à des moments différents de la conversation.En août 2024, le sénateur avait proposé à l'Ukraine de recruter d'anciens pilotes militaires américains partis à la retraite afin qu'ils puissent piloter les chasseurs F-16 livrés à Kiev.Quelques mois plus tard, il revenait avec une nouvelle initiative visant à accroître la pression économique sur Moscou. En avril 2025, Lindsey Graham avait présenté un nouveau projet de loi prévoyant des sanctions primaires et secondaires contre la Russie si celle-ci refusait, selon les termes du texte, de « conclure une paix durable » avec l'Ukraine. L'initiative envisageait notamment des droits de douane de 500 % sur les importations provenant de pays achetant du pétrole, du gaz, de l'uranium ou d'autres produits russes. Son examen avait toutefois été suspendu en juillet, Donald Trump ayant évoqué la possibilité d'appliquer des droits de douane secondaires de 100 %.Le 9 juillet, Lindsey Graham avait fêté son 71e anniversaire. Sénateur de la Caroline du Sud depuis janvier 2003, il présidait également, depuis janvier 2025, la commission du budget du Sénat américain.