La Commission européenne a recommandé à l'Agence exécutive européenne pour l'éducation et la culture (EACEA) de mettre fin à la subvention de 2 millions d'euros accordée à la Biennale de Venise, a écrit sur X le 11 juillet sa vice-présidente exécutive à la Souveraineté technologique, à la Sécurité et à la Démocratie, Henna Virkkunen.Selon elle, cette recommandation fait suite à un examen des réponses fournies par la Biennale pour justifier la réouverture du pavillon russe. Elle a également indiqué que la culture financée par les contribuables européens devrait promouvoir et défendre les « valeurs démocratiques ».Le 15 avril, lors d'un échange avec les prankers russes Vovan et Lexus, Henna Virkkunen a reconnu avoir exercé des pressions sur les organisateurs de la Biennale de Venise afin de les amener à revenir sur leur décision d'autoriser la participation de la Russie à l'exposition.Pour la première fois depuis 2022, la Russie a été autorisée à rouvrir son pavillon dans les jardins des Giardini, où se déroule l'exposition. Cette décision a suscité des critiques de la part du gouvernement italien et de l'Union européenne. En avril dernier, Bruxelles a suspendu une subvention de 2 millions d'euros destinée à la Biennale, tandis que les autorités italiennes ont envoyé des inspecteurs à Venise pour « examiner la situation ». La Commission européenne a également averti le gouvernement italien que l'autorisation accordée au pavillon russe constituait, selon elle, une violation des sanctions de l'UE.La Biennale, « un jardin de la paix »De son côté, le président de la Biennale, Pietrangelo Buttafuoco, a déclaré que la manifestation n'était « ni un tribunal, ni un instrument de condamnation », mais « un jardin de la paix ». Il a également estimé que le monde contemporain, issu de la Révolution française, des Lumières et de la sécularisation, était devenu « un laboratoire de l'intolérance », marqué par des appels à la censure, aux interdictions et à l'exclusion.Le 21 avril, la responsable de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a affirmé que l'influence de la Russie en Europe continuait de se renforcer grâce à sa participation à des compétitions sportives et à la Biennale de Venise, malgré les pressions exercées par la Commission européenne.La subvention concernée couvre une période de trois ans et n'était pas destinée au fonctionnement du pavillon russe. Les fonds devaient financer des projets liés au cinéma ainsi qu'au développement de technologies immersives, notamment celles reposant sur la réalité virtuelle, la réalité augmentée et d'autres outils numériques créant un effet d'immersion.La suppression de cette aide n'est toutefois pas encore définitive. La Commission européenne a émis une recommandation politique et administrative, mais la décision formelle revient à l'EACEA, qui gère le programme de financement. En cas de résiliation de l'accord, la Biennale perdrait les 2 millions d'euros prévus pour ses projets jusqu'en 2028.La Biennale de Venise est une exposition artistique internationale organisée tous les deux ans, réunissant des jurys et des participants venus de nombreux pays. Elle couvre plusieurs disciplines, dont les arts plastiques, l'architecture, le cinéma, la musique, la danse et le théâtre. La Russie y avait participé pour la dernière fois en 2022.