UMA - Le créateur de LeRobot défie Tesla depuis Paris

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Un robot qui apprend un geste en vous regardant le faire, puis qui le répète durant des heures sans une ligne de script, ça n'existait que dans les keynotes de Musk. Et là, surprise, c'est une boîte parisienne qui vient de le montrer en vrai !!Cette boîte, c'estUMA, fondée par Rémi Cadène, un Français passé par Tesla et Hugging Face, et elle a profité du Machina Summit organisé à Station F le 7 juillet pour dévoiler Northstar, son robot humanoïde, et son architecture maison baptisée Real-Time Learning.Le principe de ce Real-Time Learning, vous l'avez déjà appliqué si vous avez des gosses... Vous montrez la tâche, la machine observe et s'entraîne. Elle se plante évidemment, alors elle recommence, et au bout d'un moment, hop, elle la maîtrise mieux que votre stagiaire ! Chez UMA, on compare carrément ça à un enfant qui apprendrait à nouer ses lacets."Rien n'est scripté", résume Rémi Cadène, et effectivement, pas de trajectoires codées en dur, pas de programmation manuelle, mais juste de la démonstration humaine et de la pratique. L'intérêt, c'est la gestion des cas tordus, tous ces imprévus qu'aucun développeur ne peut anticiper dans son code.Le CV du bonhomme, lui, est sacrément impressionnant. Chez Tesla, entre 2021 et 2024, Rémi Cadène a bossé sur l'IA de l'Autopilot et construit les premiers réseaux de neurones d'Optimus. Il a ensuite filé chez Hugging Face pour y monterLeRobot, la plateforme de robotique open source chérie des makers, avec un certain Simon Alibert... aujourd'hui CTO d'UMA.Le reste de l'équipe est du même tonneau. Ajoutez Pierre Sermanet, un chercheur passé par Google Brain et DeepMind avec plus de 100 000 citations au compteur, et Robert Knight, le fondateur de The Robot Studio à qui l'on doit le bras SO-100 que les habitués de LeRobot connaissent bien, et vous obtenez une équipe qui coche à peu près toutes les cases. Le tout financé par un tour d'amorçage d'environ 40 millions de dollars d'après la presse US, avec dans l'aventure des noms qui claquent comme Yann LeCun, Thomas Wolf de Hugging Face, Xavier Niel ou encore Nico Rosberg (oui, l'ex-champion du monde de F1 !).Le robot Northstar, lui, joue la carte de la modestie avec un gabarit voulu bien plus léger qu'un humain, des roues à la place des jambes (pour la première version en tout cas), une visière neutre sans yeux ni bouche, et 2 variantes prévues (une industrielle à double bras pour les entrepôts, une compacte pour les hôpitaux et les labos). Le premier prototype a été assemblé à Paris en 9 mois et cette légèreté n'a rien d'un aveu de faiblesse puisque moins de masse, c'est moins de dégâts le jour où la machine part en vrille, un sujet quime chiffonne depuis un moment.Alors oui,Electrektrouve le hardware en retard sur la concurrence, et c'est pas complètement faux si vous comparez aux backflips d'Atlas ou aux humanoïdes domestiques genreIsaac 1. Sauf que UMA assume ça totalement. En fait, le goulot d'étranglement, c'est le logiciel du robot et pas la mécanique, du coup autant mettre le paquet là où ça coince vraiment. Leur pari, c'est qu'un robot qui apprend vite vaut mieux qu'un robot qui fait des backflips.Côté business, la stratégie est du même acabit, avec l'Europe d'abord. Main-d'œuvre chère, population vieillissante, tissu industriel dense... le terrain de jeu idéal pour des machines qui bossent en usine. La boîte annonce une cinquantaine de clients potentiels en discussion et vise des pilotes en logistique et dans l'industrie courant 2026. Cadène garde quand même les pieds sur terre car pour lui, les humanoïdes mettront des années à se déployer à grande échelle, exactement comme Internet et les smartphones ont mis du temps avant de transformer des industries entières. Pas encore d'armée de robots sous le sapin cette année, donc...La keynote complète est en ligne et franchement, les démos valent le détour :Bref, pour une fois que la course aux robots ne se joue pas qu'entre la Californie et Shenzhen, on va pas bouder notre plaisir. Cocorico !Source