Alors que le litre de gazole atteint en moyenne 2,29 euros, un niveau inédit, une écrasante majorité de Français anticipe une possible résurgence des « gilets jaunes ». Près de la moitié d’entre eux jugent même ce scénario « certain », un bond de 18 points par rapport à un précédent sondage d’avril.Une colère qui gronde sur les réseaux et à gaucheLundi, les chiffres officiels des prix des carburants ont confirmé la tendance haussière. Cette flambée, liée notamment aux tensions au Moyen-Orient, ravive les souvenirs de 2018. Sur TikTok, Instagram et X, des vidéos appellent à une mobilisation nationale le 17 octobre, date choisie car elle tombe un samedi de vacances scolaires. Les appels à un retour des Gilets jaunes se multiplient depuis plusieurs jours, sur fond de flambée des prix des carburants et de tensions sur le pouvoir d’achat. pic.twitter.com/YR4OPAnNDu— Gilets Jaunes (@GJaunes) September 10, 2026« Tout le monde peut être là », martèle l’une des premières publications devenues virales. Des affiches générées par intelligence artificielle multiplient les points de rendez-vous dans les grandes villes, même si aucune organisation historique des « gilets jaunes » ne revendique officiellement l’appel.Sur X, les réactions fusent. Un internaute s’indigne face à des prix approchant les 3 euros à Strasbourg : « Le cap des 3€ le litre a été franchi dans une station-essence française près de Strasbourg. Et on va rien faire ? On va continuer à se taire et à ne pas bouger ? » 🔴😳 NOUS Y SOMMES ! Le cap des 3€ le litre a été franchi dans une station-essence française près de Strasbourg. 😳Et on va rien faire ? On va continuer à se taire et à ne pas bouger ? C’est un scandale total. Réveillons-nous ! Exigeons une baisse des taxes sur le carburant…— Bleu Blanc Rouge ! 🇫🇷 (@LBleuBlancRouge) September 17, 2026D’autres y voient un symbole fort, notant que le 17 octobre évoque déjà des soulèvements populaires ailleurs. Des responsables politiques commentent et encouragent cette dynamique.L’ancien ministre de l’Économie Bruno Le Maire estime que le contexte est le même aujourd’hui que lors de la naissance du mouvement.Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, a invité les Français à « se mobiliser sur les ronds-points » si le gouvernement ne réagit pas rapidement. « Les Français en ont marre ! Je les appelle à occuper les ronds-points ! » @Fabien_Rousselpic.twitter.com/1z02Deiix9— news pol (@Actu_EM) September 11, 2026Manuel Bompard, de La France insoumise, a dénoncé des aides « trop ciblées et trop compliquées ». Selon le même sondage, 60 % des Français estiment que l’État doit consacrer davantage de moyens à la baisse des prix, malgré la dette publique.Le gouvernement a prolongé jusqu'au 31 décembre les aides ciblées pour les pêcheurs, le bâtiment et les travaux publics (BTP), et les agriculteurs. Emmanuel Macron a appelé à une « totale mobilisation » sur l’approvisionnement et la maîtrise des prix. Pourtant, 76 % des sondés restent pessimistes quant à la capacité des candidats à la présidentielle de 2027 d’apporter de bonnes réponses. Marine Le Pen se démarque avec 44 % de confiance, devant Édouard Philippe (29 %) et Jean-Luc Mélenchon (21 %).Les figures historiques des « gilets jaunes » restent prudentes. Jérôme Rodrigues estime qu’il s’agit surtout d’une tendance sur les réseaux sociaux sans structure solide. Les autorités, elles, se disent vigilantes, tandis que les syndicats observent avec crainte de voir leur monopole de contestation remis en cause.