Guerre en Iran : le Pentagone reconnaît des pénuries dans ses stocks de munitions

Wait 5 sec.

Après plusieurs mois de dénégations, le Pentagone admet officiellement que la guerre contre l’Iran a sérieusement entamé certains stocks de munitions américaines. Dans un rapport publié le 14 septembre, l’inspecteur général du département de la Défense évoque des « pénuries dans les stocks stratégiques » et des difficultés de l’industrie américaine à remplacer assez rapidement les armes consommées depuis le début du conflit.Le constat concerne surtout les armements avancés, notamment les missiles intercepteurs utilisés pour protéger les bases et les forces américaines contre les frappes iraniennes. Selon le Council on Foreign Relations, plus de 1 500 missiles Patriot auraient déjà été tirés, tandis qu'environ 40 % du stock initial de Terminal High Altitude Area Defense (THAAD) aurait été consommé. Les réserves de missiles de croisière Tomahawk ont également fortement diminué, tout comme celles de certaines armes de frappe de précision à longue portée.Trump dans l'embarras Cette reconnaissance tranche avec le discours tenu jusqu’ici par l’administration Trump. Lorsque des informations avaient fait état cet été d’un rationnement de certains missiles, Washington avait démenti. Début septembre encore, Donald Trump affirmait que les États-Unis disposaient de quantités quasiment illimitées de munitions.Le rapport permet également de mesurer l’ampleur matérielle du conflit. Les frappes iraniennes ont endommagé ou détruit des centaines de bâtiments et d'installations militaires américains au Moyen-Orient. Quatre F-15 ont été détruits, un F-35 endommagé, sept avions ravitailleurs KC-135 touchés ou détruits et jusqu’à 30 drones MQ-9 Reaper perdus. Plus de 50 000 militaires américains ont été mobilisés dans la région.Au-delà du conflit iranien, ces pénuries posent un problème stratégique à Washington. Plusieurs des missiles actuellement utilisés au Moyen-Orient seraient également indispensables en cas de confrontation majeure dans l’Indo-Pacifique. Le Pentagone pousse désormais les industriels américains à accélérer fortement leurs cadences de production, révélant l’un des principaux enseignements de la guerre : la capacité industrielle est devenue presque aussi déterminante que la taille initiale des arsenaux.