La Haute Autorité de la communication (HAC), organe guinéen de régulation des médias, a décidé, à l’issue d’une séance extraordinaire tenue le 17 septembre, d’interdire avec effet immédiat la diffusion de France 24 sur l’ensemble du territoire de la République de Guinée. La mesure concerne tous les vecteurs techniques, notamment le satellite, le câble, les applications mobiles, les sites Internet et les réseaux sociaux.La chaîne avait été mise en demeure la veille par le même organe, qui lui avait ordonné de « cesser immédiatement l’usage de termes attentatoires à la dignité du chef de l’État et de procéder aux rectifications éditoriales requises ».La décision du 17 septembre, signée par le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, invoque le « refus manifeste, délibéré et caractérisé » de France 24 de se conformer à cette injonction. ❗️ #Guinée : la Haute Autorité de la communication (HAC) met en demeure #France24 pour avoir utilisé « un qualificatif inapproprié » pour désigner le président guinéen Mamadi #Doumbouya. pic.twitter.com/04DQXvps6r— RT en français (@RTenfrancais) September 16, 2026La HAC qualifie ce refus d’« insubordination », de « défi ouvert » à l’instance de régulation et d’« offense continue » à la personne du président guinéen Mamadi Doumbouya. Elle y voit également une « violation flagrante de la souveraineté juridique de la République de Guinée ».Retrait des accréditations et blocage des accès numériquesLa décision révoque par ailleurs l’autorisation de diffusion de France 24 en Guinée et retire, avec effet immédiat, les accréditations de presse de l’ensemble de ses correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs dans le pays.La HAC a également requis l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) afin qu’elle procède sans délai au blocage de tous les accès numériques à la chaîne, notamment ses sites Internet, ses flux de streaming et ses applications mobiles.Les autorités guinéennes reprochent à France 24 l’emploi, dans une séquence diffusée le 15 septembre, de l’expression « président putschiste » jugée attentatoire à la dignité du président Mamadi Doumbouya. Un manquement grave et un choix délibéré de la chaîne « d’ignorer la légitimité issue des urnes en employant un tel qualificatif à l’encontre d’un président de la République démocratiquement élu », estime la HAC.