Peskov : les «sanctions d’enfer» des États-Unis ne feront que compliquer le règlement du conflit en Ukraine

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La Chambre des représentants des États-Unis a approuvé, le 16 septembre, un nouveau projet de loi renforçant les sanctions contre la Russie. Le texte a été adopté par 262 voix contre 159, après avoir déjà été validé par le Sénat le 7 août par 86 voix contre 11. Les deux chambres ayant voté la même version, le projet doit désormais être transmis au président américain Donald Trump pour signature.Intitulé « Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026 », le texte, surnommé le projet des « sanctions d’enfer », reprend une initiative préparée par le sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet dernier, avec le démocrate Richard Blumenthal. L’administration Trump avait auparavant soutenu cette version remaniée du projet, même si le président conserve la possibilité d’y opposer son veto.Des mesures qui visent aussi les partenaires commerciaux de MoscouLe projet prévoit de renforcer les restrictions visant des responsables russes ainsi que plusieurs secteurs clés de l’économie, notamment la finance, l’énergie et la défense. La Banque de Russie, Sberbank, VTB et Gazprombank sont notamment mentionnées. Des institutions financières étrangères pourraient également être visées si elles réalisent d’importantes opérations avec des entités russes déjà sanctionnées.Le volet énergétique est l’un des principaux éléments du texte. Des droits de douane pouvant atteindre 100 % pourraient être appliqués aux marchandises provenant de pays figurant parmi les cinq plus grands acheteurs de pétrole ou de gaz russes. Le projet prévoit également des droits pouvant aller jusqu’à 500 % sur les produits directement importés de Russie aux États-Unis.Ces mesures ne seraient toutefois pas toutes automatiques. Leur niveau ainsi que certaines exemptions resteraient largement à la discrétion de la Maison Blanche. Le dispositif pourrait notamment concerner de grands acheteurs d’énergie russe comme la Chine et l’Inde, ce qui élargit sa portée bien au-delà des seules relations entre Moscou et Washington.Moscou dénonce une mesure « inamicale »Le Kremlin a qualifié l’adoption du projet de mesure « inamicale ». Dmitri Peskov a indiqué que la Russie suivait l’évolution du dossier et estimé que de nouvelles sanctions, si elles étaient appliquées, compliqueraient les efforts visant à parvenir à un règlement pacifique du conflit en Ukraine.L’ambassade de Russie aux États-Unis avait également mis en garde contre les conséquences économiques de nouvelles restrictions. Selon la représentation diplomatique russe, ces mesures pourraient perturber les marchés énergétiques internationaux et peser sur le prix des carburants, y compris aux États-Unis.La réaction de l’Inde illustre également les préoccupations suscitées par le mécanisme de sanctions secondaires. Le ministère indien des Affaires étrangères a indiqué avoir déjà averti Washington des conséquences possibles de telles mesures sur les relations bilatérales et sur le marché mondial de l’énergie. New Delhi a assuré qu’elle prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour défendre ses intérêts commerciaux et garantir la sécurité énergétique de ses 1,4 milliard d’habitants.Le texte suscite enfin des réserves au sein même de la classe politique américaine. Plusieurs élus ont exprimé leurs inquiétudes face à l’élargissement des pouvoirs du président en matière de droits de douane.Le projet n’est pas encore entré en vigueur. Son application dépend désormais de la décision de Donald Trump.