Lors d’une conférence organisée à Nice, au Centre universitaire méditerranéen (CUM), l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a confié à Nice-Matin son souhait de retourner en Algérie afin d’obtenir ce qu’il qualifie de « vrai procès », en présence de son avocat et d’observateurs internationaux, dans le but d’« obtenir un acquittement en bonne et due forme ». L’écrivain avait été condamné à cinq ans de réclusion avant d’être gracié, en novembre 2025, après 361 jours de détention.« Je ne voulais pas être gracié, je porte ça comme une honte, comme une blessure. Gracié pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Je n’ai rien fait pour être condamné », a-t-il affirmé.Une action envisagée devant les instances internationalesBoualem Sansal envisage également d’engager une procédure contre le président algérien Abdelmadjid Tebboune et le gouvernement devant des instances internationales. « Le dossier préparé par mon avocat est prêt », a-t-il déclaré à Nice-Matin.Il a par ailleurs expliqué que, si la procédure n’avait pas encore été engagée, c’était « à la demande de l’Élysée et du Quai d’Orsay », afin d’éviter d’éventuelles représailles contre le journaliste Christophe Gleizes. Ce dernier avait été placé sous contrôle judiciaire en Algérie en mai 2024, avant d’être incarcéré en juin 2025 à la suite de sa condamnation à sept ans de prison ferme pour « apologie du terrorisme ». Cette peine a ensuite été confirmée en appel.Les déclarations de Boualem Sansal interviennent dans le contexte de la parution de son dernier livre, La Légende, dans lequel il revient sur son arrestation et expose ses positions sur les relations franco-algériennes.L’écrivain y explique notamment privilégier l’idée d’un « rapport de force » entre Alger et Paris plutôt que le recours à la diplomatie pour obtenir sa libération. Il estime également que, dans les relations entre les deux pays, « le rapport de force est du côté de l’Algérie » et évoque une « phase d’affaiblissement » de la France.