«Nous n’avons jamais refusé les négociations», rappelle Sergueï Lavrov, qualifiant de «stupide» la ligne européenne

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La Russie est prête à reprendre les négociations avec l’Ukraine dès lors que Kiev manifestera à son tour une volonté de renouer le dialogue, a déclaré le 15 septembre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. « Nous n’avons jamais refusé les négociations », a-t-il affirmé lors d’une table ronde consacrée au règlement du conflit ukrainien. Ses déclarations soulignent que les précédents pourparlers n’avaient pas été interrompus à l’initiative de Moscou. « Si nos collègues sont prêts, je pense qu’il est tout à fait possible de les reprendre. Nous avons des choses à dire », a-t-il ajouté.Les dernières discussions directes entre la Russie et l’Ukraine, avec la participation des États-Unis, remontent à février 2026. Début septembre, les représentants américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont de nouveau échangé avec Moscou et Kiev autour de propositions de règlement, sans parvenir à rapprocher les positions sur les questions territoriales. Moscou maintient néanmoins sa disponibilité : elle se dit prête aussi bien à un dialogue direct avec Kiev qu’à un format trilatéral associant Washington.Un règlement lié aux questions de sécuritéCette ouverture ne remet pas en cause les principes défendus par la Russie depuis le début du conflit. Sergueï Lavrov a assuré que Moscou restait disposée à rechercher des « compromis raisonnables », tout en maintenant plusieurs priorités : garantir sa sécurité, écarter une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et préserver les droits des Russes et des populations russophones.Dans cette logique, Moscou estime qu’un règlement durable ne peut se limiter à un cessez-le-feu, mais doit également traiter les causes profondes du conflit et tenir compte des réalités actuelles sur le terrain.Sergueï Lavrov a également distingué l’approche américaine de celle de l’Union européenne. Le chef de la diplomatie russe estime que Washington prend davantage en compte les préoccupations de sécurité avancées par Moscou. Il s’est montré nettement plus critique envers Bruxelles, qualifiant d’ « absolument stupide » la ligne européenne consistant, selon lui, à défendre les frontières de 1991, à refuser toute reconnaissance des nouvelles réalités territoriales et à maintenir la perspective d’une adhésion ukrainienne à l’OTAN.Moscou maintient les canaux de discussionCes divergences n’empêchent pas la Russie de conserver des contacts avec les Européens. Sergueï Lavrov a indiqué que certains pays proposaient périodiquement, de manière confidentielle, l’ouverture de canaux de communication sur le dossier ukrainien. Moscou n’a jamais refusé ces échanges, a-t-il assuré, même si ces contacts n’ont jusqu’ici pas fait apparaître de positions sensiblement différentes de celles défendues publiquement par les capitales européennes.La reprise des négociations ne s’accompagnerait toutefois pas d’une suspension des opérations militaires. Sergueï Lavrov a rappelé que Moscou ne comptait pas interrompre ses opérations pendant les pourparlers, en se référant à l’expérience des négociations d’Istanbul, dont la partie russe attribue l’échec à l’intervention occidentale.La position russe reste ainsi centrée sur une reprise du dialogue sans abandon des questions que Moscou considère comme fondamentales pour un règlement durable : sa sécurité, le statut de l’Ukraine vis-à-vis de l’OTAN et la prise en compte des réalités sur le terrain.