Un cafard qui plonge et reste sous l'eau trois heures d'affilée, ça n'existait pas jusqu'à la semaine dernière.L'équipe d'Hirotaka Sato, à la NTU de Singapour, avec leurs collègues de l'université Waseda au Japon, viennent de parvenir avec leurs petits doigts, à sangler une combinaison de plongée miniature sur le dos d'un cafard siffleur de Madagascar.À quoi ça sert me direz vous ? Et bien à pouvoir télécommander la bestiole à distance, sous l'eau, sans qu'elle se noie. Oui, tout le monde a le droit d'avoir des passions cheloues, ne jugez pas, ok ?La combinaison de cafard-grenouille tient donc en trois morceaux. Un réservoir à oxygène imprimé en 3D dans une résine transparente de type PMMA, une coque souple étanche qui enveloppe l'insecte, et quatre petits tubes en silicone qui amènent l'air jusqu'à lui.Mais le plus astucieux, c'est la chimie à l'intérieur du réservoir. Vous prenez une éponge imbibée de dioxyde de manganèse, vous injectez un peu de peroxyde d'hydrogène dilué (de l'eau oxygénée, quoi), et le manganèse joue les catalyseurs. En cassant le peroxyde, cela génère de l'eau et de l'oxygène. Mac Gyver serait jaloux de voir que ces gars ont inventé une bonbonne de plongée qui fabrique son air toute seule, sans compresseur."Notre combinaison fonctionne comme le réservoir d'oxygène d'un plongeur humain", résume Sato, qui bricole des insectes cyborg depuis plus de dix ans. Sauf qu'ici le plongeur mesure six centimètres et a six pattes ! Les quatre tubes se branchent directement sur les spiracles thoraciques du cafard, les orifices par lesquels il respire, et ils se retirent après coup sans le blesser ni lui faire mal. Si si, je vous jure, des cafards qui sont rentrés ensuite auprès de leur famille ont témoigné qu'ils n'avaient rien senti ^^.Et là vous vous demandez sûrement à quoi ça sert toutes ces conneries. Bah oui, qu'est ce qu'on peut foutre d'un cafard sous-marin télécommandé ??Hé bien la réponse c'est le sauvetage.Imaginez... (musique ambiance film catastrophe activée dans ma tête) Un immeuble effondré après un séisme. Vous avez besoin de vous faire une idée de l'ampleur des dégâts et des risques que vous allez prendre en allant secourir les victimes.Il y a des flaques, des tunnels remplis d'eau, des poches d'air irrespirable saturées de CO2. Essayez un peu de faire passer un robot classique là-dedans, bon courage. Alors qu'un cafard bien motivé avec son barda sur le dos, par contre, ça se faufile à l'aise ! Et c'est pas de la théorie de labo puisque l'équipe de Sato a déjà déployé ses insectes cyborg pendant l'opération Lionheart, après le tremblement de terre de magnitude 7,7 qui a frappé la Birmanie le 28 mars 2025. Cette combinaison de plongée, c'était juste la brique qui lui manquait pour barboter en chemin.Bon, des cafards trafiqués, on en a déjà croisé un paquet par ici. Il y avait eu lescafards cyborg lâchés dans les canalisations, sans oublier cetteescouade de cafards espions montée en Allemagne, sauf que ceux-là, maintenant, ils nagent aussi bien que Léon Marchand les bordels. Et pour la suite, l'équipe a prévu de rendre la combinaison plus solide et d'y greffer des capteurs et un système de navigation, pour les vraies missions cette fois.Bref, pensez-y la prochaine fois que vous écrabouillez un cafard dans votre cuisine ('tain c'est sale chez vous en fait), n'oubliez pas que l'un de ses cousins bosse peut-être pour la sécurité civile à sauver des vies avec ses petites papattes.Source :NTU Singapore&TomsHardware