«Bye-bye les États-Unis» ? Le grand pari énergétique du Canada

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Le Canada veut s'affranchir de sa dépendance économique envers les États-Unis et s'imposer comme une « superpuissance énergétique ». Pour atteindre cet objectif, le premier ministre, Mark Carney, mise sur la construction d'un oléoduc capable d'acheminer jusqu'à un million de barils de pétrole brut par jour vers les marchés asiatiques, rapporte, сe 3 juillet, le Financial Times.Selon le chef du gouvernement, la province de l'Alberta a présenté un projet de pipeline de plus de 1 000 kilomètres reliant la province à la côte pacifique de la Colombie-Britannique. Prévu pour septembre 2027, il emprunterait un corridor déjà existant à travers les montagnes et constituerait, selon Mark Carney, une porte d'entrée vers les marchés les plus dynamiques au monde.Le chef du gouvernement estime également que ce projet représente une occasion « historique » pour le pays. En parallèle, Ottawa prévoit de développer cinq terminaux au cours de la prochaine décennie afin de plus que tripler sa capacité de production de gaz naturel liquéfié. Le gouvernement investira également 10 milliards de dollars canadiens (soit environ 6,2 milliards d'euros) dans la modernisation du port de Vancouver.De son côté, la Première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, souhaite doubler la production pétrolière de la province et achever ce nouvel oléoduc d'ici 2035. Selon elle, cette infrastructure permettra de générer des revenus de plusieurs milliards de dollars au cours des prochaines décennies.À travers ce projet, le gouvernement canadien cherche à diversifier ses débouchés et à moins dépendre du marché américain. Aujourd'hui, les États-Unis absorbent les trois quarts des exportations canadiennes de biens et de services, ainsi que la quasi-totalité du pétrole produit par le pays. Le Canada fournit d'ailleurs environ 60 % des importations américaines de pétrole, soit près de quatre millions de barils par jour.Toujours d'après le Financial Times, cette volonté de diversifier les échanges commerciaux intervient après les menaces de Donald Trump d'imposer des droits de douane de 100 % sur les produits canadiens et ses déclarations répétées selon lesquelles le Canada devrait devenir le 51e État des États-Unis. Donald Trump a plusieurs fois évoqué une possible annexion du Canada, affirmant que les Canadiens paieraient moins d'impôts et bénéficieraient d'une meilleure protection militaire en rejoignant les États-Unis.L'ancien premier ministre, Justin Trudeau, a toujours rejeté cette hypothèse, estimant qu'elle était totalement exclue. Il avait également affirmé que ces déclarations étaient motivées par l'intérêt de Washington pour les ressources naturelles canadiennes. Après l'annonce de sa démission, Donald Trump avait de nouveau assuré que de nombreux Canadiens souhaitaient voir leur pays rejoindre les États-Unis, estimant qu'une telle union garantirait au Canada davantage de « stabilité économique et de sécurité ».