Sanctions contre le patriarche russe : l’Italie et la Bulgarie s’opposent aux restrictions

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Après la Bulgarie, qui s’est fermement opposée à l’imposition de restrictions contre le patriarche de l’Église orthodoxe russe, Kirill, c’est au tour de l’Italie d’exprimer ses réserves, rapporte Politico, citant trois diplomates européens. À l’origine de cette initiative figure Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères. Dans le cadre du 21e train de sanctions antirusses, elle a proposé d’imposer une interdiction de visa au patriarche Kirill.Cette proposition s’est toutefois heurtée à plusieurs résistances. La Bulgarie, où une part importante de la population se réclame de la foi orthodoxe, s’y est opposée d’emblée. L’Italie a adopté une ligne moins frontale, mais Rome n’a pas caché ses réserves. Selon Politico, elle n’a pas encore menacé d’opposer son veto, mais s’inquiète des conséquences d’une telle décision.D’après l’un des diplomates cités par le média, les autorités italiennes redoutent que des sanctions contre le chef d’une confession chrétienne envoient un signal préoccupant et fragilisent le dialogue interreligieux. Cette position est liée à celle du Vatican, particulièrement attentif aux canaux de discussion entre les Églises.Le 21e train de sanctions européennes contre la Russie avait été annoncé au début du mois de mai. Outre les restrictions visant le patriarche Kirill, Bruxelles envisageait des mesures contre des navires liés au transport du pétrole russe, des banques et des entreprises du secteur militaire.Moscou a régulièrement dénoncé les sanctions occidentales, les jugeant illégales, tout en affirmant pouvoir résister à la pression exercée par l’Occident. Dès mars 2022, Vladimir Poutine avait déclaré que la politique visant à contenir et affaiblir la Russie relevait d’une stratégie occidentale de long terme, et que les sanctions avaient porté un coup sérieux à l'ensemble de l'économie mondiale.