Un projet de loi israélien visant à encadrer strictement, voire restreindre, l’appel musulman à la prière (adhan) a franchi le 1er juillet sa première lecture à la Knesset. Le texte, porté par le député Zvika Fogel, proche du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, a été adopté par 50 voix contre 36 et doit encore passer plusieurs étapes législatives avant une éventuelle adoption définitive.Selon la proposition, les mosquées seraient interdites d’utiliser des systèmes de haut-parleurs sans autorisation préalable délivrée par les autorités israéliennes. Ces autorisations dépendraient de critères techniques tels que les niveaux sonores, la proximité des zones résidentielles ou encore l’impact sur les habitants. En cas de non-respect, la police pourrait ordonner la coupure des haut-parleurs, confisquer le matériel et infliger des amendes allant jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de shekels.Une atteinte à la foi musulmanePour ses promoteurs, la mesure vise à limiter les « nuisances sonores » et à « protéger la santé publique ». Mais côté palestinien, la réaction est ferme. Des responsables et juristes dénoncent une atteinte directe à la liberté de culte et une tentative de marginalisation de l’identité religieuse musulmane dans l’espace public. L’avocat Khaled Zabarqa parle d’une « déclaration de guerre religieuse », estimant que le texte s’inscrit dans une logique plus large de restriction des symboles islamiques.Les critiques soulignent également les implications potentielles pour Jérusalem-Est occupée et la mosquée Al-Aqsa, lieu hautement sensible. Le gouvernorat de Jérusalem a averti que cette législation pourrait aggraver les tensions autour du site, déjà marqué par des restrictions d’accès, des incursions régulières et des ingérences dans sa gestion religieuse.Pour Omar Rajoub, responsable des médias du gouvernorat, il ne s’agit pas d’un simple débat sur le bruit, mais d’une politique visant à encadrer et réduire l’expression religieuse palestinienne. Il estime que le projet de loi pourrait ouvrir la voie à un renforcement des contrôles policiers sur les mosquées.Le texte doit désormais être examiné en commission avant deux autres lectures à la Knesset, étape indispensable avant une éventuelle entrée en vigueur.