La Russie a envoyé une délégation de haut niveau à Téhéran pour les cérémonies d’adieu à l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Conduite par Dmitri Medvedev, elle comprenait notamment le ministre de l’Énergie Sergueï Tsivilev, l’ambassadeur de Russie en Iran Alexeï Dedov et le vice-ministre des Affaires étrangères Gueorgui Borissenko.L’hommage s’est déroulé à la Mosalla de l’imam Khameinei, le plus grand complexe religieux et public de la capitale iranienne. En marge de la cérémonie, Dmitri Medvedev s’est entretenu avec le président Massoud Pezechkian. Il lui a transmis les condoléances du président russe Vladimir Poutine et a évoqué avec lui « l’état général » des relations entre Moscou et Téhéran.Un partenariat stratégique réaffirméCette rencontre a permis de mettre en avant la solidité du partenariat russo-iranien. L'ancien président a rappelé que les deux pays étaient liés par un traité spécial de partenariat stratégique, qui couvre plusieurs domaines clés : l’économie, les transports, la sécurité, la sphère sociale, le secteur militaro-technique, ainsi que la coordination diplomatique à l’ONU, à l’OCS et dans d’autres forums internationaux.Le président iranien a, de son côté, salué la présence de la délégation russe et le soutien de Moscou. Massoud Pezechkian a exprimé sa reconnaissance pour les condoléances adressées par le gouvernement et le peuple russes. Il a aussi souligné les « larges possibilités » de coopération économique, commerciale, énergétique et de transport, en accordant une attention particulière au corridor international Nord-Sud.Dmitri Medvedev a également insisté sur l’unité du peuple iranien face aux pressions extérieures. Il a déclaré que « cette douleur a uni le peuple iranien » et que l’Iran n’avait pas cédé à la pression exercée par les États-Unis et les pays qui s’y sont associés. Le responsable russe s’est dit convaincu que le peuple iranien finirait par « vaincre ».Moscou dénonce l’attaque américaineDmitri Medvedev est également revenu sur l’attaque américaine contre l’Iran. Il a affirmé qu’« aucun motif sérieux » ne justifiait cette opération et que Téhéran ne menaçait pas Washington. Il a aussi rappelé que l’Iran discutait encore avec une délégation américaine au moment des frappes. Pour lui, cet épisode illustre une dégradation profonde du droit international.Le vice-président du Conseil de sécurité russe a rappelé que Moscou avait proposé des solutions pacifiques sur la question du nucléaire iranien. Selon lui, les accusations américaines reposaient sur des « raisonnements sans preuves présentées publiquement ».Dans la même logique, Dmitri Medvedev a évoqué l’idée d’une plateforme réunissant les pays visés par des sanctions occidentales unilatérales. Une telle structure permettrait à la Russie, à l’Iran, à la Chine et à d’autres États de coordonner leurs positions et, si nécessaire, de préparer des contre-sanctions. Pour Moscou, ces restrictions unilatérales, non prévues par la Charte de l’ONU, doivent être combattues collectivement.