Ukraine : entre Moscou et Kiev, l'Europe cherche encore sa place à la table des négociations

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Deux jours, deux capitales et surtout deux formats de discussion. Le 5 septembre, Steve Witkoff et Jared Kushner étaient à Moscou. Les émissaires américains ont rencontré Vladimir Poutine au Kremlin pendant près de trois heures. Le conseiller du président russe, Iouri Ouchakov, a ensuite décrit leur échange comme substantiel, constructif et franc.Le lendemain, les mêmes négociateurs se sont rendus à Kiev. Cette fois, Volodymyr Zelensky ne s'est pas retrouvé seul avec eux. Des représentants de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni ont également participé aux discussions.Le contraste est révélateur du fonctionnement diplomatique choisi par Kiev. Même lorsqu'il est question d'un règlement du conflit entre la Russie et l'Ukraine, le pouvoir ukrainien continue d'associer directement ses principaux soutiens étrangers aux échanges.L'entourage d'Emmanuel Macron ne le cache d'ailleurs pas : à l'Élysée, on explique que la présence des représentants français, allemands et britanniques « répondait à une demande ukrainienne ». Paris justifie cette présence par la nécessité d'associer les Européens aux discussions sur un éventuel plan de paix avec la Russie. La présidence française présente également cette réunion comme le « résultat de plusieurs mois de travail diplomatique ». Dans le même temps, selon Bloomberg, les Européens cherchent à éviter que les combats se poursuivent pendant un nouvel hiver, même si les décisions dépendent finalement de Kiev.La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni composent le format E3, l'un des principaux piliers du soutien européen à Kiev. Leur présence autour de la table montrerait ainsi que les discussions ne se réduisent pas à la seule position ukrainienne.Moscou conteste cependant leur rôle. En juin, Sergueï Lavrov reprochait déjà aux pays européens de chercher à figer le conflit plutôt qu'à s'attaquer à ses causes profondes. Le ministre russe des Affaires étrangères estimait que leur véritable objectif n'était pas d'ouvrir des négociations avec Moscou, mais de maintenir Volodymyr Zelensky au pouvoir et de préserver l'Ukraine comme point d'appui dans la confrontation avec la Russie.Les positions restent par ailleurs très éloignées. Moscou a déjà fixé plusieurs conditions à un cessez-le-feu : le retrait des forces ukrainiennes des régions de Donetsk, de Lougansk, de Zaporojié et de Kherson, la reconnaissance internationale de ces territoires et de la Crimée, l'abandon par Kiev de son projet d'adhésion à l'OTAN et la levée des sanctions occidentales.