Liban : le Hezbollah relance les indemnisations et veut prendre en main la reconstruction du Sud

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Le Hezbollah entend reprendre l'initiative dans les régions dévastées par la guerre avec Israël. Depuis le 2 novembre, le mouvement chiite a commencé à verser ses premières aides financières aux familles déplacées et aux propriétaires de logements détruits ou devenus inhabitables. L'opération concerne la région de Nabatiyé, au sud du Liban, où plusieurs centres ont été ouverts pour accueillir les bénéficiaires. Baptisé « Promesse et engagement », le programme avait été annoncé le 13 octobre par Ali Daamouch, président du conseil exécutif du Hezbollah. Il prévoit jusqu'à 14 000 dollars par foyer à Beyrouth et dans sa banlieue sud, contre 12 000 dans les autres régions. Les montants, destinés à financer le relogement et l'achat de mobilier, seront distribués en quatre versements sur un an. Garder une influence sur sa baseLe mouvement affirme vouloir traiter 90 % des dossiers des sinistres en quarante jours. Sur le terrain, les premières distributions suscitent néanmoins des frustrations. Certaines familles ont reçu plusieurs milliers de dollars, tandis que d'autres sont parties sans indemnisation, faute de documents administratifs suffisants. L’enjeu dépasse la seule assistance humanitaire. En prenant en charge une partie du relogement, le Hezbollah cherche aussi à préserver son ancrage social et politique dans le sud du pays, alors que ses capacités financières et militaires ont été durement éprouvées.La question du financement reste toutefois sensible. Selon Reuters, le mouvement aurait reçu près de 200 millions de dollars de l'Iran, une information contestée par Washington. Le Hezbollah n'a précisé ni le budget total de son programme ni le nombre de familles concernées. L'ampleur des destructions complique toute reconstruction durable. Depuis octobre 2023, plus de 290 000 logements ont été endommagés ou détruits au Liban. Le Premier ministre Nawaf Salam estime que les besoins pourraient dépasser 27 milliards de dollars.Dans un pays où l'État peine à financer le relèvement des régions sinistrées, la reprise des aides illustre la volonté du Hezbollah de conserver un rôle central auprès des populations, malgré les pressions en faveur de son désarmement.