La bande-annonce de « Jupiter », thriller politique d’Alexandre Smia où Denis Ménochet incarne un président de la République confronté à un ultimatum nucléaire russe, provoque de vives réactions ironiques sur les réseaux sociaux, qui dénoncent un parti pris antirusse marqué et une référence appuyée au « Jupiter » macronien.Un président « Jupiter » face à la « menace russe »Fraîchement élu, Paul Archambault (Denis Ménochet) se retrouve enfermé dans le poste de commandement Jupiter, le bunker secret de l’Élysée, alors que son homologue russe, cible d’un attentat, brandit une menace nucléaire contre un allié de la France. Découvrez la bande-annonce de JUPITER. Plongez au cœur du bunker secret de l’Elysée dans le premier film d'Alexandre Smia, au cinéma le 18 novembre.Avec Denis Ménochet, André Dussollier, Reda Kateb, Ella Rumpf, Frédéric Pierrot, Céline Sallette, Cédric Kahn, Jérémy Lopez et… pic.twitter.com/bKPGJcbQ2A— SND (@SNDfilms) September 2, 2026Autour de lui, André Dussollier, Reda Kateb, Ella Rumpf, Dominique Blanc ou Céline Sallette incarnent conseillers et militaires. Le film, coécrit avec Thomas Finkielkraut et bénéficiant de la contribution du géopolitologue Bruno Tertrais, est produit par Chi-Fou-Mi Productions (Hugo Sélignac et Nicolas Dumont, société du groupe Mediawan) en coproduction avec France 2 Cinéma, et distribué par SND. Le budget affiché est d’environ 7,5 millions d’euros pour ce premier long-métrage d’Alexandre Smia, scénariste passé par « Le Bureau des légendes » et « 13 jours, 13 nuits ».Dès la mise en ligne de la bande-annonce, les commentaires ont fusé. « Le film de propagande Jupiter renoue avec le cinéma de propagande, des heures les plus sombres de notre histoire », moque un internaute quand un autre liste les films produits à la gloire des centristes depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir : « 2017 : Chez Nous, film sur la montée de l'extrême droite […] 2022 : Le Monde d'hier, film sur des centristes qui sauvent la démocratie contre l'extrême droite […] Aujourd'hui : Jupiter, film sur des centristes qui sauvent le monde de l'extrême droite (poutinienne) ».L'essayiste Laurent Ozon évoque pour sa part « La bonne grosse propagande de guerre contre la Russie » et de rappeler : « Smia avait déjà contribué aux scénarios des épisodes 4, 5 et 6 du Bureau des légendes qui avaient pour thème central... la Russie ». La bonne grosse propagande de guerre contre la Russie est au programme pour les mois à venir. C'est évidemment une production Chi-Fou-Mi, fondée par Hugo Sélignac, est majoritairement détenue par Mediawan depuis 2021 (groupe fondé par Xavier Niel, Matthieu Pigasse et… https://t.co/cXKYIslF1e— Laurent Ozon (@LaurentOzon) September 2, 2026Le titre même, qui renvoie au poste de commandement réel mais aussi au surnom jupitérien que s’était attribué Emmanuel Macron, est perçu par beaucoup comme une flatterie à peine dissimulée. L’intrigue place sans ambiguïté la Russie dans le rôle de l’agresseur nucléaire, dans un contexte où la guerre en Ukraine continue de polariser les opinions. Si le réalisateur promet une exploration de la solitude du pouvoir et du poids d’une décision vertigineuse, le dispositif narratif laisse peu de place à la nuance géopolitique dans un contexte d’accusation systématique de la Russie. Présenté hors compétition à la Mostra de Venise dès le 4 septembre, « Jupiter » sortira en salles le 18 novembre.