L'Espagne veut faire de l'adaptation au changement climatique un chantier commun à l'échelle de l'Union européenne, rapporte ce 4 septembre El País. Dans une proposition adressée au commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, Madrid demande la création d'un dispositif permanent capable d'intervenir rapidement lors de catastrophes liées au climat.Le projet prévoit de renforcer et de coordonner les moyens déjà disponibles dans l'UE, avec des ressources partagées pouvant être déployées d'un pays à l'autre. Parmi les pistes avancées figure notamment une flotte aérienne européenne consacrée à la lutte contre les incendies.Le gouvernement espagnol souhaite toutefois aller au-delà de la seule gestion des feux de forêt. Il propose la création d’un fonds européen consacré à l’adaptation climatique, destiné à financer la prévention, la protection des populations et la préparation aux événements extrêmes. Pour l’alimenter, Madrid avance plusieurs sources de recettes, dont une taxe sur les vols de luxe et un prélèvement européen sur les bénéfices du secteur pétrolier et gazier. Ce dernier serait conçu comme un mécanisme permanent, et non comme une contribution exceptionnelle liée à une envolée ponctuelle des profits.En août, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, la Pologne, le Portugal et l’Espagne avaient déjà soutenu l’idée d’un nouvel outil fiscal visant les combustibles fossiles.L'Espagne suggère également d'étudier le recours à des instruments de dette commune européenne afin de combler le manque de financements.Autre volet de la proposition : la couverture des pertes provoquées par les incendies, les inondations et d'autres phénomènes extrêmes. Madrid souhaite que l'UE envisage un système européen de réassurance associant secteur public et assureurs privés. Les risques seraient mutualisés entre les États membres, avec la possibilité de recourir à des obligations liées au risque climatique en cas de catastrophe majeure.L'Espagne plaide parallèlement pour des objectifs d'adaptation contraignants à court, moyen et long terme. Ils concerneraient d'abord les domaines les plus exposés, notamment l'eau, la santé, les infrastructures, les forêts, la biodiversité, le tourisme, l'agriculture et la pêche, avant d'être progressivement étendus au reste de l'économie.Par ailleurs, Madrid veut que le risque climatique soit systématiquement pris en compte dans les infrastructures, les investissements publics, l'aménagement du territoire et les politiques sectorielles. L'objectif est d'éviter que les décisions prises aujourd'hui ne créent de nouvelles vulnérabilités dans les prochaines décennies.Selon les chiffres cités par le ministère espagnol de la Transition écologique, les États membres ont subi 822 milliards d'euros de pertes liées aux phénomènes météorologiques extrêmes depuis 1980, dont environ 208 milliards entre 2021 et 2024.