La guerre contre l'Iran éclipse la puissance pétrolière des États-Unis

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La perturbation des approvisionnements énergétiques en provenance du Moyen-Orient, provoquée par la guerre entre les États-Unis et l'Iran, a largement éclipsé la progression de la production pétrolière américaine, selon des experts cités par le Financial Times le 21 août. Washington aurait ainsi dilapidé une partie de l'avantage énergétique dont il disposait.Les États-Unis restent le premier producteur mondial de pétrole, mais la hausse attendue de leur production demeure très limitée. Selon les estimations de l'Administration américaine d'information sur l'énergie, elle ne devrait augmenter que de 200 000 barils par jour cette année.Ce volume est dérisoire au regard des perturbations provoquées par la guerre contre l'Iran. Environ 20 millions de barils par jour, qui transitaient auparavant par le détroit d'Ormuz depuis le Moyen-Orient, sont désormais bloqués. Autrement dit, l'augmentation de la production américaine ne suffit absolument pas à compenser les volumes retirés du marché par la fermeture de cette voie maritime stratégique.Pour Art Berman, consultant en énergie basé à Houston, cette situation révèle surtout une profonde incompréhension des enjeux énergétiques au sein de l'administration de Donald Trump. Il juge que les responsables américains sous-estiment les mécanismes du marché et les conséquences que leurs décisions peuvent avoir sur l'approvisionnement énergétique.La guerre contre l'Iran se répercute sur le quotidien des AméricainsLes répercussions du conflit ne se limitent d'ailleurs pas au pétrole. Depuis le début des hostilités, les prix de l'essence et du diesel aux États-Unis ont bondi d'environ 40 %. Le prix moyen du diesel sous Donald Trump a même dépassé le niveau observé pendant la présidence de Joe Biden.Dans le même temps, les tensions inflationnistes se sont accentuées. En mai, l'inflation américaine a atteint 4,2 %, son plus haut niveau depuis trois ans. Les conditions d'emprunt se sont également détériorées : le taux des crédits immobiliers à trente ans est passé de 5,98 % à 6,65 %.Les performances de l'économie américaine restent par ailleurs éloignées des ambitions affichées par l'administration. Après une croissance de 2,1 % l'année dernière, le PIB n'a progressé que de 1,5 % en rythme annuel au deuxième trimestre 2026. Ces chiffres sont nettement inférieurs aux 5 à 6 % évoqués par le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, mais aussi à l'objectif de 3 % défendu par le secrétaire au Trésor, Scott Bessent.Cette dégradation commence également à peser sur l'opinion publique. Toujours selon le Financial Times, la confiance des consommateurs américains est tombée à des niveaux historiquement bas depuis le début de la guerre contre l'Iran. Un nombre croissant d'électeurs considère désormais que la situation économique s'est détériorée sous la présidence de Donald Trump.La guerre a débuté en février. Peu après le déclenchement des hostilités, Téhéran a annoncé le blocus du détroit d'Ormuz, qui est toujours en vigueur. Avant le conflit, cette voie maritime stratégique voyait transiter environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.