Sud-Liban : à Kfarchouba, une vie sous restrictions israéliennes

Wait 5 sec.

À Kfarchouba, village à majorité sunnite du sud-est du Liban, les habitants ont échappé aux déplacements qui ont vidé de nombreuses localités voisines. Mais leur maintien sur place s'accompagne de sévères restrictions imposées par l'armée israélienne, selon un reportage de Middle East Eye.Le maire, Qassem al-Adiri, affirme que des responsables israéliens ont directement averti des dignitaires locaux : la présence ou la protection de combattants armés pourrait entraîner l'évacuation et la destruction du village. Kfarchouba, qui a pris ses distances avec le Hezbollah, reste soumis à un couvre-feu, à une surveillance constante et à d'importantes limitations de déplacement.Un village isoléL'accès aux terres agricoles et aux oliveraies est notamment restreint. Une situation particulièrement lourde pour une commune dépendante de la culture des olives et du tabac. Les habitants affirment ne plus pouvoir entretenir certaines parcelles depuis 2024. Des incendies ont également ravagé des terres cet été. Le 5 août, un feu provoqué lors d'une opération israélienne s'est propagé vers Halta, tandis que les pompiers libanais auraient été empêchés d'intervenir.Les infrastructures sont également touchées. Le réseau électrique ne fonctionne plus et les réparations seraient interdites. Pour alimenter la pompe à eau, la commune utilise désormais un générateur dont le carburant coûterait 300 dollars par jour.Les habitants dénoncent aussi des arrestations lors d'incursions israéliennes. Le 24 mars, Shadi Karama Abdel Aal, 35 ans, a ainsi été emmené par des soldats qui l'accusaient de liens avec Saraya al-Muqawama, organisation liée au Hezbollah. Lors de ce même raid, un adolescent de 15 ans, Mohammed Ali Abdel Aal, a été tué par un tireur d'élite israélien après être sorti en entendant des cris ; un autre habitant a été blessé.L'isolement bouleverse enfin l'approvisionnement en nourriture et médicaments. Les habitants doivent se tourner vers la vallée de la Bekaa, au prix de déplacements jugés dangereux. « Nous avons l'impression de vivre dans une grande prison », résume Hasan Amro, commerçant interrogé par Middle East Eye.