Face à l’accélération des prises de position des possibles candidats à l’élection présidentielle, Édouard Geffray a choisi de marquer clairement le terrain. Ce 25 août, lors de sa conférence de presse de rentrée au lycée Arago à Paris, le ministre promet « une rentrée d’action, autour de quatre priorités : instruire, protéger, unir, prévoir ». La rentrée scolaire est un temps fort de notre contrat social. C’est le plus grand rendez-vous que la France se donne chaque année à elle-même. Parce que les élèves n’attendent pas, et parce que ma responsabilité est de donner à l'École une vision, cette rentrée sera donc une… pic.twitter.com/oyJFdzbaJN— Édouard Geffray (@EdouardGeffray) August 25, 2026Il a par ailleurs a martelé que l’école « ne sera pas le lieu de la campagne » et s’est présenté comme le « garant de la neutralité du service public » dans un contexte de débat électoral pour 2027 notamment dans le centre macroniste.Un ministre qui recentre le débat sur septembre 2026« J’ai conscience que tout le monde regarde vers mai 2027, permettez-moi de regarder vers septembre 2026 », a-t-il déclaré devant les journalistes. Une manière directe de répondre aux offensives des derniers jours.Le 24 août, dans Le Figaro, Édouard Philippe (Horizons) a proposé une hausse de 20 % de la rémunération moyenne des enseignants en cinq ans, appelant à faire de l’école « notre grande ambition nationale », arguant par ailleurs sa filiation avec deux parents professeurs. Je suis fils de deux professeurs. Et je suis un enfant de l’école publique.J’ai grandi dans une famille de la classe moyenne, dans un HLM des Hauts de Rouen. À la maison, il y avait des livres, beaucoup de livres, et une conviction simple : si nous travaillions à l’école, nous…— Edouard Philippe (@EPhilippe_LH) August 24, 2026De son côté, Gabriel Attal (Renaissance) a dénoncé un « problème de niveau » et plaidé pour une loi de programmation pilotée par un ministre stable cinq ans, avec le rétablissement du certificat d’études et un collège « plus individualisé ». Celui qui fut ministre de l’Éducation pendant moins de 6 mois affirme : « La cause de l’École est mon premier combat, le premier de mes chantiers capitaux », et suggère de nommer un ministre à ce poste pour 5 ans. Je veux mettre fin au doute français sur l’École. Je suis convaincu que la pédagogie peut renverser la sociologie.La cause de l’École est mon premier combat, le premier de mes chantiers capitaux.Loi de programmation pour l’École, certificat d’études, apprentissage de la…— Gabriel Attal (@GabrielAttal) August 25, 2026Dans ce contexte de turbulence au centre, le locataire de la rue de Grenelle tente de reprendre la main en multipliant les annonces concrètes pour la rentrée : interdiction des téléphones au lycée (« Aucun argument sérieux ne permet de soutenir qu’un téléphone soit indispensable en cours »), questionnaire anonyme sur les violences sexuelles pour tous les élèves de la grande section à la terminale, renforcement de la protection des personnels (« Il faut restaurer le tabou de l’inviolabilité des personnels de l’éducation nationale »), commémoration annuelle autour du 11 novembre dès le CM1, et plan pour rattraper la « dette technique » face aux risques cyber. Cyberattaques: l'Éducation nationale mène "un audit complet de tous [ses] systèmes d'information", selon le ministre Édouard Geffray#BFM2pic.twitter.com/IfHsBK04t3— BFM (@BFMTV) August 25, 2026Interrogé sur un éventuel engagement personnel auprès d’un candidat pour 2027, Édouard Geffray a éludé : « Mon sujet c’est la rentrée. Un jour ou l’autre peut-être que je serai amené à dire ma sensibilité. Je ne suis pas un extrémiste, ni d’un bord ni d’un autre ».En recentrant le discours sur l’action immédiate plutôt que sur les promesses de 2027, Édouard Geffray, souvent à la peine dans sa communication et dans les médias, s’efforce de se replacer au milieu du jeu, alors qu'il a rejoint le ministère il y a moins d’un an.