Un milliardaire américain reconnaît avoir utilisé l'IA pour critiquer la politique du Trésor américain

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Le milliardaire et investisseur américain, Stanley Druckenmiller, a reconnu avoir eu recours à l'intelligence artificielle pour préparer une tribune critiquant la politique du Trésor américain face à l'alourdissement de la dette publique, rapporte le 25 août The Wall Street Journal.Interrogé sur les conditions dans lesquelles le texte avait été rédigé, l'investisseur de 73 ans n'a pas cherché à dissimuler l'utilisation de ces outils. Il a notamment fait valoir qu'il avait toujours été plus à l'aise avec l'économie qu'avec l'écriture, tout en insistant sur le fait que les idées développées dans la tribune étaient bien les siennes et qu'il les défendait depuis plus de 15 ans : « J'avais un B en anglais, mais un A+ en économie. Ce sont mes idées et j'en parle depuis plus de 15 ans, comme le savent tous ceux qui me connaissent. Aurais-je préféré devenir un excellent écrivain ? Oui, mais ce n'est pas ce que je suis ».Druckenmiller a également précisé que lui et ses collègues utilisaient les principaux outils d'intelligence artificielle, parmi lesquels Claude, ChatGPT, Gemini et Perplexity, notamment pour préparer des textes. Il a comparé leur utilisation à l'aide que peut apporter un rédacteur de discours ou une calculatrice. « À 73 ans, je suis plutôt fier de les utiliser », a-t-il fait savoir.Son recours à l'IA a commencé à susciter des interrogations après que des utilisateurs des réseaux sociaux avaient soumis sa tribune à des logiciels destinés à repérer les textes générés artificiellement.Au-delà de cette controverse, le texte, intitulé « Let the Bond Market Speak » (« Écoutons ce que dit le marché obligataire »), porte avant tout sur la trajectoire des finances publiques américaines et la manière dont le Trésor tente de répondre aux tensions sur le marché obligataire. Druckenmiller conteste en particulier la décision de doubler le volume des rachats de titres de dette à long terme, de 2 milliards de dollars à au moins 4 milliards par opération, annoncée après que le rendement des obligations du Trésor à 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis 19 ans.Un avertissement que Washington ne devrait pas ignorerPour l'investisseur, la décision du Trésor d'augmenter ses rachats d'obligations revient à agir sur les symptômes plutôt que sur les causes. En cherchant ainsi à contenir la hausse des rendements, le département tentait, selon lui, d'atténuer un signal que le marché adressait précisément aux autorités américaines sur l'état des finances publiques.Druckenmiller appuie son raisonnement sur plusieurs indicateurs : un déficit budgétaire qui avoisine 6 % du PIB, une inflation toujours supérieure à l'objectif fixé par la Réserve fédérale et une dette publique qui dépasse désormais 40 000 milliards de dollars.Dans ces conditions, étouffer le message envoyé par le marché obligataire ne ferait, selon lui, que repousser les ajustements nécessaires. Washington pourrait ainsi différer la réduction du déficit, mais au prix d'un problème de dette encore plus difficile et plus douloureux à résoudre par la suite.Stanley Druckenmiller dispose d'une fortune estimée à 7,8 milliards de dollars par Forbes, ce qui le place au 505e rang des personnes les plus riches au monde.