Sénégal : la ville de Tivaouane se prépare au Gamou 2026, grande fête religieuse musulmane célébrant la naissance du prophète Mahomet

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À deux jours du Gamou 2026, Tivaouane accélère les préparatifs pour accueillir les fidèles attendus le 25 août. Venus de tout le Sénégal mais aussi de la diaspora, ils convergeront vers cette cité religieuse de l’ouest du pays pour le Gamou, la célébration sénégalaise du Mawlid consacrée à la naissance du prophète Mahomet et l’un des grands rendez-vous musulmans d’Afrique de l’Ouest.Ce rendez-vous est indissociable de l’histoire religieuse de Tivaouane. Installé dans la ville en 1902, El Hadji Malick Sy, connu également sous le nom de Maodo, a fait du Mawlid un temps majeur de rassemblement, d’enseignement et de vie spirituelle. Son œuvre a ensuite été perpétuée par les khalifes successifs, les guides religieux qui lui ont succédé à la tête de la communauté tidiane.Dans la ville, les préparatifs mobilisent aussi les habitants et les disciples. Chaque année, des familles aménagent des maisons et organisent l’hébergement des visiteurs. Baba Sow, disciple tidiane, prépare ainsi un lieu destiné à plus de 200 fidèles venus de Dakar. Ibrahima Sow, chef d’équipe, explique de son côté que sa famille participe aux préparatifs depuis 1958, un engagement maintenu de génération en génération.Le Tawhid au cœur de l’édition 2026Cette année, le Gamou est placé sous le signe du Tawhid, l’unicité de Dieu. Le thème choisi invite les fidèles à « penser et agir ensemble par le verbe de l’unicité ». Serigne Abdoul Hamid Sy, coordonnateur général de la cellule de communication de la Zawiya Tijaniyya, l’institution religieuse tidiane de Tivaouane, y voit un appel à la fraternité, au dialogue et à la cohésion sociale, alors que les conflits et les divisions se multiplient à travers le monde.Le Gamou s’inscrit par ailleurs dans une séquence religieuse qui débute dès la première nuit du mois de Rabi al-Awwal, dans le calendrier musulman. Pendant dix nuits, les fidèles récitent notamment « Al-Bourda », le poème de Mouhamadou Boussayri consacré aux louanges du Prophète. Après une pause lors de la onzième nuit, la douzième marque le point culminant de la célébration. Récitations du Coran, enseignements, conférences et échanges entre érudits accompagnent également cette période.Un héritage de savoir et de spiritualitéLe savoir occupe une place centrale dans l’héritage du Gamou. Face au système colonial français, El Hadji Malick Sy est présenté comme une figure de résistance pacifique, fondée sur la spiritualité, l’enseignement et la diffusion des connaissances religieuses. Tivaouane s’est ainsi progressivement affirmée comme un important centre de formation et d’étude de l’islam.Cet héritage continue d’être mis en valeur. Ce 23 août, un magazine spécial de 3 000 exemplaires, publié en français et en arabe et consacré au parcours d’El Hadji Malick Sy ainsi qu’à plusieurs figures de son entourage religieux, a été présenté dans la ville.À Tivaouane, les derniers préparatifs se poursuivent désormais avant la grande nuit du 25 août, qui doit réunir les fidèles autour d’une tradition perpétuée depuis plus d’un siècle.