Bruxelles affiche une mentalité néocoloniale en freinant la coopération en Arctique, selon Moscou

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Bruxelles chercherait à empêcher d’autres pays de profiter des perspectives de développement offertes par l’Arctique, estime l’ambassade de Russie à Londres. Dans une déclaration publiée le 20 octobre, en réaction à un entretien de Kaja Kallas au Times, la représentation diplomatique russe écrit : « Plutôt que de promouvoir la coopération dans l’Arctique, Bruxelles, animée par une rage impuissante, cherche à endiguer les autres nations et à les priver d’opportunités de développement. »Les routes maritimes au centre des ambitions européennesDans son entretien publié le 19 octobre, la chef de la diplomatie européenne demande à l'UE de travailler avec les États-Unis et le Canada pour empêcher la Russie et la Chine de dominer les routes de l'Arctique. Kallas dit vouloir « […] veiller à ce que cette route [maritime du Nord] reste ouverte à tous ».La route maritime du Nord longe les côtes russes et relie l'Europe à l'Asie. La Russie y développe des ports, des infrastructures de transport et une flotte de brise-glaces. Bruxelles dit s'inquiéter de la coopération entre Moscou et Pékin, alors que la Chine investit dans des projets de transport et d'exploitation des ressources de la région.Satellites, brise-glaces et mobilité militaireLe 20 octobre, la Commission européenne a présenté une stratégie qui donne davantage de place aux questions de sécurité qu'en 2021. Elle prévoit de renforcer la surveillance par satellite, de protéger les câbles sous-marins et de créer un dispositif de suivi du trafic maritime.L'UE veut aussi accroître ses capacités en brise-glaces et faciliter les déplacements de troupes et de matériel par les ports, les aéroports et les voies de transport de l'Arctique. Kallas a annoncé des investissements de 260 millions d’euros dans des technologies adaptées aux conditions polaires. Lors de la présentation de cette stratégie, elle a déclaré : « L’Europe ne restera pas spectatrice dans l’Arctique. »Moscou insiste sur la nécessité du dialogueInterrogé le 20 octobre sur les projets de Bruxelles, Dmitri Peskov, porte-parole du président russe Vladimir Poutine, a rappelé la position de Moscou : « Nous sommes convaincus que l’Arctique ne doit pas être une zone d’affrontement ou de confrontation. L’Arctique doit être un territoire de coopération mutuellement avantageuse. »Peskov a également rappelé l’opposition répétée de Kaja Kallas au dialogue avec Moscou, s’interrogeant sur la manière dont les diplomates européens comptaient organiser des échanges avec la Russie tout en refusant de lui parler.