Face à la grogne sociale et aux revendications syndicales, le gouvernement sénégalais a choisi de faire le point sur son action lors d’une conférence de presse tenue le 19 octobre. Coordonnée par le ministre de la Fonction publique et du Travail, cette rencontre a réuni plusieurs départements ministériels, notamment ceux de l’Éducation nationale, de la Justice, de la Santé, de l’Enseignement supérieur, de la Formation professionnelle, des Transports et du Budget.L’initiative, impulsée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, vise à informer l’opinion publique et à « apporter aux Sénégalais et aux Sénégalaises des informations claires sur les efforts engagés par le gouvernement en réponse aux revendications des travailleurs », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Bakary Sarr.Selon la presse sénégalaise, cette démarche fait suite à une réunion du comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et le développement, tenue le 15 octobre sous la présidence du chef du gouvernement.Le porte-parole a souligné que cet exercice répondait à une exigence de transparence et de redevabilité, permettant de dresser un état précis de l’avancement des mesures engagées, ministère par ministère. Il a également renouvelé l’appel aux centrales syndicales à poursuivre la concertation dans un climat social apaisé.« Le gouvernement demeure ouvert au dialogue et à l’apaisement. Notre priorité est de poursuivre les échanges dans un esprit de responsabilité, de recherche de solutions dans l’intérêt des travailleurs comme de l’ensemble de la population », a-t-il affirmé.Le Front syndical appelle à une grève générale, le gouvernement plaide pour sa suspensionLe Front syndical pour la défense des travailleurs (FSDT), collectif regroupant treize syndicats de différents secteurs, a appelé à une marche le 20 octobre, suivie d’une grève générale de trois jours à partir du 21 octobre.La mobilisation concerne notamment les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’enseignement supérieur et de l’électricité. Les syndicats réclament l’application des accords conclus pour améliorer les conditions de travail et répondre aux revendications salariales.La revalorisation des pensions de retraite, le relèvement de l’âge obligatoire de départ à la retraite de 60 à 65 ans, le versement de primes ainsi que la généralisation de l’indemnité de logement à 100 000 francs CFA figurent également parmi les revendications.Cet appel à la grève intervient à quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre. Une édition historique pour le Sénégal et le continent africain, qui accueillera pour la première fois une manifestation olympique.De son côté, Mamadou Lamine Dianté, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, a solennellement appelé le FSDT à suspendre son mouvement au profit de la concertation. Affirmant que le pays était « encore loin du point de rupture », il a réitéré la disposition du gouvernement à rechercher des solutions.Cet appel fait suite à une demande formulée la semaine précédente par le Premier ministre, qui avait invité les syndicats à observer un moratoire de trois mois sur les grèves, dans un contexte de difficultés financières persistantes.