La Haute Cour de Mombasa, dans l’est du Kenya, a reconnu coupables, le 19 octobre, le pasteur autoproclamé Paul Mackenzie et 28 de ses coaccusés du meurtre de 191 personnes, dont 190 enfants, dans l’affaire de Shakahola.« J’estime que l’accusation a apporté la preuve de la culpabilité des 29 prévenus dans le meurtre de 190 enfants et d’un adulte », a déclaré la juge Diana Kavedza Mochache, citée dans le compte rendu du procès.Les prévenus étaient poursuivis pour la mort d’adeptes de la Good News International Church, dirigée par Paul Mackenzie. Selon l’accusation, le prédicateur encourageait ses fidèles à jeûner jusqu’à la mort afin de « rencontrer Jésus », dans la perspective d’une fin du monde qu’il annonçait comme imminente.La magistrate a rejeté l’argument de la défense selon lequel les victimes auraient volontairement choisi de se laisser mourir de faim. Le procès, ouvert en 2024, a donné lieu à l’audition de plus de 200 témoins.La découverte de fosses communes en 2023L’affaire remonte à avril 2023, lorsque les autorités kényanes ont commencé à exhumer des corps dans la forêt de Shakahola, dans le comté de Kilifi, près de la côte kényane. Les fouilles ont révélé plusieurs fosses communes contenant les dépouilles de fidèles associés au mouvement religieux de Paul Mackenzie.Au fil des opérations, le bilan s’est alourdi, dépassant les 400 morts selon les chiffres officiels communiqués sur cette affaire. Les victimes auraient notamment été soumises à des pratiques de jeûne extrême encouragées par le prédicateur et son entourage.La découverte avait provoqué une vive émotion au Kenya et soulevé des interrogations sur les mécanismes de contrôle des organisations religieuses ainsi que sur la capacité des autorités à détecter les dérives avant qu’elles ne conduisent à des drames.La régulation des organisations religieuses en questionLe verdict constitue une étape judiciaire majeure dans cette affaire, considérée comme l’une des tragédies liées à un mouvement religieux les plus meurtrières de l’histoire récente du pays.Il pourrait également raviver le débat sur la surveillance des organisations religieuses au Kenya, notamment sur les moyens de prévenir les abus commis au nom de croyances spirituelles et de protéger les personnes vulnérables.La condamnation de Paul Mackenzie et de ses co-accusés intervient toutefois dans le cadre de cette procédure pour meurtre. Le bilan global de la tragédie de Shakahola, qui dépasse les 400 morts, est supérieur aux 191 victimes concernées par ce verdict.