Le trou de la Sécu continue de se creuser. Alors que s’ouvrent à l’Assemblée nationale les débats sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, la Cour des comptes présente un rapport sévère sur les finances sociales et met en garde contre l’accumulation de la dette, dans un contexte économique où tous les indicateurs sont au rouge.Selon la Cour, le déficit des régimes obligatoires de base de la Sécurité sociale devrait atteindre 21,8 milliards d’euros en 2026, soit 2,4 milliards de plus que l’objectif initial et 200 millions de plus qu’en 2025. « L’impératif est de reprendre au plus vite le contrôle des finances publiques », soulignent les magistrats.Cette dégradation s’explique principalement par des prévisions macroéconomiques trop optimistes. La croissance a été révisée à la baisse, de 1 % à 0,5 %, tandis que la progression de la masse salariale s’est limitée à 1,6 %, contre 2,3 % initialement attendus, privant ainsi la Sécurité sociale de 3,5 milliards d’euros de recettes escomptées. 🔎 Quelle est la situation financière de la sécurité sociale au moment où les débats sur le budget débutent à l’Assemblée ?À l’occasion de l’examen du #PLFSS 2027, et à la demande de l’@AssembleeNat, la Cour a mené une analyse sur le sujet.🔗 https://t.co/eCw6XsKuFp https://t.co/3DDBWzkTuR— Cour des comptes (@Courdescomptes) October 20, 2026Le budget 2026 prévoyait pourtant 8,7 milliards d’euros de recettes supplémentaires, grâce notamment à de nouvelles mesures fiscales et sociales, dont la hausse de certaines cotisations vieillesse, de la contribution sociale généralisée (CSG) et des prélèvements sur les complémentaires santé.Du côté des dépenses, l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) a été exécuté à hauteur de 1,1 milliard d’euros de moins que prévu, notamment sous l’effet de la hausse des franchises médicales et des participations forfaitaires. Le vieillissement de la population continue toutefois de peser sur les comptes sociaux, avec des dépenses en progression de 17,1 milliards d’euros par rapport à 2025.La Cour juge par ailleurs les prévisions de croissance « optimistes » et les économies annoncées encore incertaines, alors que la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a déjà rejeté le texte. Devant les députés, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a rappelé le 20 octobre l’objectif gouvernemental de réduire de moitié le déficit de la Sécurité sociale. A l’Assemblée nationale, nous ouvrons aujourd’hui l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2027. Notre ambition est de diviser par deux le déficit de la sécurité socialePour y parvenir nous assumons des priorités, nous corrigeons des injustices, nous privilégions des réformes structurelles et nous proposons des économies là où elles sont possibles toujours en protégeant les plus fragiles.— Jean-Pierre Farandou (@JPFarandou) October 20, 2026La Cour alerte particulièrement sur la dette portée par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), qui pourrait atteindre 130 milliards d’euros en 2030. Elle préconise le transfert d’environ 100 milliards d’euros à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades) d’ici à la fin de 2027, afin d’allonger les échéances. Une telle opération pourrait toutefois nécessiter le maintien de la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) au-delà de 2033.Faute d’un plan crédible de retour à l’équilibre, « le financement de la Sécurité sociale n’a pas aujourd’hui de solution durable ».