Maroc : en vue des législatives, Rabat modifie les règles électorales pour donner plus de poids aux femmes

Wait 5 sec.

Le Maroc a introduit « plusieurs mesures » visant à modifier son dispositif électoral, a relayé le 3 septembre le portail officiel du Royaume chérifien. Des modifications en vue des élections législatives prévues le 23 septembre, parmi lesquelles figure la réservation aux femmes des 90 sièges attribués aux circonscriptions électorales régionales.La Chambre des représentants compte 395 sièges, dont 305 sont pourvus dans les circonscriptions locales et 90 dans les 12 circonscriptions régionales correspondant aux régions du royaume. Ces dernières avaient été créées lors de la réforme électorale de 2021, en remplacement de l'ancienne liste nationale.Parmi ces mesures visant à « soutenir la représentation féminine à la Chambre des Représentants », figure « la réservation des circonscriptions électorales régionales, auparavant mixtes, aux seules candidatures féminines », peut-on lire. Cette mesure garantit ainsi aux femmes un minimum de 90 sièges, soit près de 23 % des sièges de la chambre basse, indépendamment des résultats obtenus dans les circonscriptions locales.Cette disposition survient alors que la représentation féminine au Parlement marocain demeure largement dépendante de ces mécanismes. Lors des législatives de septembre 2021, 96 femmes avaient obtenu un siège à la Chambre des représentants, dont 90, déjà, par les circonscriptions régionales. Les six autres l’avaient emportée dans des circonscriptions locales.La réforme entreprise cette année comporte également des dispositions concernant la création des partis politiques. Les nouvelles règles imposent la présence d'au moins quatre femmes parmi les douze membres nécessaires à la déclaration de constitution d'un parti. Elles prévoient également que les femmes représentent au moins un cinquième des membres fondateurs requis, « soit au moins 400 femmes sur un total de 2 000 membres », résume encore le site Maroc.ma.Les autorités ont par ailleurs modifié les mécanismes de soutien financier destinés à favoriser la présence de jeunes candidats. L'âge maximal des candidats, hommes et femmes, que les partis doivent placer en tête de leurs listes pour bénéficier de ce dispositif a été abaissé de 40 à 35 ans.La progression de la représentation féminine reste toutefois inégale selon les niveaux de scrutin. D'après les données du ministère marocain de l'Intérieur publiées dans un rapport consacré à l'évolution de la situation des femmes, celles-ci représentaient en 2021 un peu plus de34 % des candidats aux élections parlementaires, près de 40 % aux régionales et 30 % aux communales.