Emmanuel Macron rêve de réunir à Paris les grands acteurs du spatial pour dessiner les contours d’une Europe enfin maîtresse de son destin orbital. Le Sommet international sur l’espace, qui s’ouvre ce 9 septembre pour deux jours au Grand Palais, risque pourtant de rappeler que, dans l’espace comme sur Terre, l’Europe peine encore à jouer dans la même catégorie que les États-Unis.L’occasion pour le président français, qui s’est rendu sur place, d’annoncer que « plus de 50 projets vont être signés », des « projets entre la France et l'Allemagne » ainsi qu'avec « les Émirats arabes unis », a-t-il notamment précisé lors d'une prise de parole devant une assemblée quelque peu… clairsemée. La veille, un accord d’un milliard d’euros entre la société émiratie Marlan Space et les Français Loft Orbital et Mistral avait été annoncé, en vue de déployer la première constellation satellite consacrée à l'IA.Reste à savoir si la France est en mesure de « rattraper son retard » en matière de course à l’espace. « Cela va être un peu compliqué », a concédé ce 9 septembre sur France info Marie-Ange Sanguy, rédactrice en chef du magazine Espace et Exploration, avant d’estimer que – hormis sur de petits lanceurs – les Français sont « obligés de penser européen ».D’autres y croient davantage, à l’instar du président de la Région Normandie, Hervé Morin, qui avec une pointe d’humour, lançait le 4 septembre à Elon Musk « qu'il a intérêt à bien se tenir », à l’occasion de l’inauguration à Vernon d’une usine de fusées réutilisables d’une filiale d’ArianeGroup.Spatial : des acteurs majeurs qui brillent par leur absence à ParisLe président français avait pourtant vu grand. Présenté comme un rendez-vous destiné à faire émerger une « vision politique commune » et à renforcer la souveraineté européenne dans le spatial, le sommet doit réunir quelque « 2 000 participants » selon l’Élysée. Sommet auquel ont été, rappelle la presse française, « conviés 120 pays sauf la Russie, l'Iran et la Corée du Nord ».Des exclus d’office – dont l’une des grandes puissances spatiales historiques – auxquels s’ajoutent… ceux qui ont décliné l’invitation, au premier rang desquels des géants américains du domaine. Parmi les acteurs états-uniens qui ne participeront pas à ce « sommet » voulu par Emmanuel Macron, figurent SpaceX et Blue Origin. La presse française parle d’« absence », reprenant les rumeurs selon lesquelles Donald Trump serait à la manœuvre.Tout aussi gênant, Friedrich Merz à qui « Macron avait offert la coprésidence » du sommet « finalement ne peut pas venir », a souligné un journaliste sur France info, avant de rappeler le « chacun pour soi » lancé par les Allemands en matière de course à l’espace.En effet, alors que la France s’entête dans la voie d’une coopération avec l’Allemagne quitte à donner à Ariane 6 des airs de SCAF, la société allemande Isar Aerospace a placé en orbite basse le 5 septembre sa fusée Spectrum, tirée depuis la Norvège. Une première en Europe continentale.