«Nous sommes toujours prêts à négocier», affirme Sergueï Lavrov concernant l’Ukraine après ses entretiens avec son homologue saoudien à Moscou

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Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a reçu le 8 septembre à Moscou son homologue saoudien Fayçal ben Farhan Al Saoud.Les deux responsables ont discuté de la situation au Moyen-Orient, du règlement du conflit ukrainien et du développement des relations bilatérales, avant de présenter les résultats de leurs échanges lors d’une conférence de presse conjointe. (function() { VK.Widgets.Post("vk_post_-216965535_236691", -216965535, 236691, "E7PH091UUm3vdfuyUA3dOrsQ3znX"); }());Cette rencontre s’inscrit dans un dialogue soutenu entre Moscou et Riyad. Les deux ministres avaient déjà échangé à plusieurs reprises en 2026, notamment sur la situation dans le golfe Persique, la navigation dans le détroit d’Ormuz et les relations entre les monarchies arabes et l’Iran.Le Moyen-Orient a occupé une place centrale dans les discussions. La Russie et l’Arabie saoudite ont défendu la priorité donnée aux solutions politiques et diplomatiques et soutenu l’idée d’un futur forum consacré à la sécurité régionale. Celui-ci pourrait réunir les pays du Golfe, l’Irak, la Jordanie, la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique. Sergueï Lavrov a également proposé d’envisager la participation des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.Moscou estime qu’un tel cadre permettrait de renforcer la confiance entre les acteurs régionaux, d’améliorer la transparence dans le domaine militaire et de mieux protéger les infrastructures énergétiques. Cette approche s’inscrit dans la volonté russe de privilégier un règlement collectif des tensions régionales plutôt que le recours à la force.Plusieurs crises ont été abordées dans ce contexte. Sergueï Lavrov a notamment évoqué la confrontation entre les États-Unis et Israël d’une part, et l’Iran d’autre part. Il a regretté que les pays de la péninsule Arabique aient été entraînés dans cette crise. Moscou et Riyad appellent à trouver des « compromis raisonnables » afin de permettre l’application du mémorandum d’Islamabad conclu entre Téhéran et Washington.Sur le dossier palestinien, la Russie et l’Arabie saoudite ont également privilégié une solution négociée. Sergueï Lavrov a estimé que le conflit israélo-palestinien ne pouvait être réglé par la force et qu’un accord global fondé sur les décisions de l’ONU devait permettre d’établir une paix durable dans la région. Il a également constaté l’absence de progrès à Gaza malgré le plan présenté par Donald Trump. Le ministre russe a rappelé qu’un accord sur le cessez-le-feu et l’aide humanitaire avait été conclu entre Israël et le Hamas, tout en affirmant que celui-ci n’était toujours pas appliqué.La situation au Yémen a également été abordée. Sergueï Lavrov a qualifié de contre-productives les attaques des Houthis contre les infrastructures saoudiennes et soutenu la poursuite de la feuille de route diplomatique. Fayçal ben Farhan a de son côté réaffirmé l’attachement de Riyad à la diplomatie, tout en soulignant la détermination du royaume à défendre ses frontières et ses intérêts. (function() { VK.Widgets.Post("vk_post_-216965535_236692", -216965535, 236692, "O0VNc5YdQs3TQxbsjSEBLPPlFqBu"); }());Ukraine : Moscou salue l’approche saoudienneLe conflit ukrainien a constitué un autre volet important des échanges. Sergueï Lavrov a salué la position de l’Arabie saoudite, qu’il a qualifiée de « responsable » et « équilibrée », ainsi que sa contribution aux efforts humanitaires et diplomatiques.Le chef de la diplomatie russe a réaffirmé que Moscou restait disposé à négocier sur la base d’une prise en compte des causes profondes du conflit et des moyens de les éliminer. Il a souligné que l’administration de Donald Trump avait montré dès le départ, selon lui, une volonté de prendre en considération ces questions, ce qui permet de maintenir des contacts utiles entre Moscou et Washington.Sergueï Lavrov a en revanche reproché à l’Union européenne de chercher à empêcher un règlement durable fondé sur cette approche. Le ministre russe affirme régulièrement que toute solution à long terme doit tenir compte des facteurs ayant conduit à la crise, plutôt que se limiter à ses conséquences immédiates.OPEP+, commerce et rapprochement bilatéralLes discussions ont enfin confirmé la dynamique positive des relations économiques entre Moscou et Riyad. Les échanges commerciaux entre la Russie et l’Arabie saoudite ont progressé de près de 40 % l’an dernier, et les deux pays souhaitent maintenir ce rythme. Les parties ont également abordé le développement de leur coopération dans le domaine des investissements.Sur le plan énergétique, la Russie et l’Arabie saoudite ont confirmé leur volonté de poursuivre leur coordination étroite au sein de l’OPEP+. Les deux pays, qui occupent une place centrale dans ce format, entendent continuer à coordonner leurs approches afin de contribuer à l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché mondial.Le rapprochement se poursuit également dans le tourisme. Le nombre de visiteurs saoudiens en Russie a augmenté de 35 % l’an dernier, tandis que les arrivées de touristes russes en Arabie saoudite ont progressé à un rythme comparable. Cette dynamique est favorisée par l’accord d’exemption de visas entré en vigueur le 11 mai.Les deux parties souhaitent enfin développer davantage leurs échanges culturels. Le calendrier du prochain concours « Intervision », prévu en Arabie saoudite, reste toutefois à déterminer en raison de la situation au Moyen-Orient.