Dans un rapport d’activité de son équipe « Threat Intelligence », daté du 10 septembre, qui documente l’utilisation malveillante de sa technologie entre les mois de décembre 2025 et d’août 2026, la société Anthropic a annoncé avoir bloqué plusieurs opérations « potentiellement » malveillantes menées à l'aide de son assistant d'intelligence artificielle Claude.L’une d’elles portait « sur la recherche de gain de fonction sur le virus chikungunya », à savoir amplifier les mutations de ce virus afin de le rendre progressivement plus virulent. Si ce type de recherches peut « certainement » servir à développer de meilleurs vaccins et traitements, a déclaré Anthropic, « elles pourraient également être utilisées pour rendre l’agent pathogène plus dangereux ».Un autre cas évoqué concerne un chercheur « situé dans une région non prise en charge » qui aurait « passé des semaines à planifier, avec l'aide de Claude, des expériences d'adaptation de la grippe aviaire aux mammifères ».L’IA « pourrait tous nous tuer d’ici à la fin de la décennie »La société américaine a notamment souligné que dans la majorité de ces cas, les demandes n’utilisaient pas ses modèles les plus récents et les plus puissants, et étaient donc les moins à même d’« aider de manière significative un utilisateur averti à mener des recherches biologiques dangereuses », mais aussi dotés de mesures de protection « étaient moins strictes ».« Pour les modèles actuels – capables d'assister dans diverses tâches de recherche scientifique complexes –, la situation est moins claire et nous ne pouvons plus offrir les mêmes garanties », a enchainé Anthropic, avant d’évoquer des « garde-fous renforcés » intégrés à Claude Fable 5.La publication de ce rapport par Anthropic survient un jour après la démission d’un de ses chercheurs en intelligence artificielle, Jacob Coxon, venu d’OpenIA. Estimant qu’« aucune des deux entreprises n’agit de manière responsable », ce Britannique a accusé Anthropic et OpenIA de « jouer avec nos vies » dans leur course au développement d’IA capables de s’améliorer toutes seules. « Les gens qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici à la fin de la décennie », a-t-il avancé dans un message publié sur son compte X.