Ioulia Mendel, ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky, a affirmé le 21 septembre que le dirigeant ukrainien aurait subi, le 14 septembre, un malaise ressemblant à une crise d’épilepsie. Selon elle, l’épisode se serait produit alors que Zelensky était particulièrement préoccupé par le départ à l’étranger de l’ancien procureur général Rouslan Kravtchenko.Dans un message publié sur Telegram, Mendel affirme que Zelensky aurait été « extrêmement en colère et effrayé ». Elle assure qu’il aurait crié « Tout le monde veut me tuer » avant de tomber. L’ancienne porte-parole s’est également interrogée sur le fait qu’il ait pu consommer une substance avant l’incident.Ces déclarations n’ont pas été accompagnées d’éléments médicaux rendus publics. Mendel n’a pas non plus précisé l’origine de ses informations.Kravtchenko en toile de fondL’épisode coïncide avec le départ de Kravtchenko a ajouté une nouvelle tension aux rapports déjà difficiles entre le parquet ukrainien et les structures anticorruption. Le 4 septembre, le Bureau national anticorruption d’Ukraine, le NABU, et le parquet spécialisé anticorruption, le SAP, avaient annoncé une opération visant une organisation criminelle présumée liée à des centres d’appels frauduleux. Des perquisitions avaient notamment été menées chez Kravtchenko. Trois jours plus tard, le 7 septembre, celui-ci annonçait sa démission.Le 14 septembre, les événements se sont accélérés. Zelensky a transmis à la Rada une demande visant à démettre Kravtchenko de ses fonctions. Mendel a également évoqué des rumeurs sur une possible coopération de Kravtchenko avec des services américains, laissant entendre que cette perspective aurait pu renforcer l’inquiétude de Zelensky. Aucun élément permettant d’établir cette hypothèse n’a toutefois été présenté.La Rada a approuvé la révocation de Kravtchenko le 15 septembre. Sa mission à l’étranger devait s’achever le 18 septembre, mais il n’avait toujours pas été revu au bureau du procureur général à Kiev après cette date.La question des fonctions présidentiellesMendel estime que l’épisode qu’elle décrit soulève directement la question de la capacité de Zelensky à continuer d’exercer ses fonctions. Elle a invoqué l’article 110 de la Constitution ukrainienne, qui prévoit une procédure spécifique lorsqu’un président n’est plus en mesure d’assumer ses responsabilités pour des raisons de santé.Une telle procédure suppose néanmoins une décision de la Rada ainsi que des éléments médicaux établissant l’incapacité de la personne occupant le poste de chef de l’État.Les déclarations de Mendel s'inscrivent ainsi dans un contexte de tensions croissantes au sein des institutions ukrainiennes et replacent la question de l’état de santé de Zelensky dans le débat public.