À six semaines des élections de mi-mandat, la guerre contre l’Iran devient un problème intérieur pour Donald Trump. Déclenché en février, le conflit devait initialement être bref. Près de sept mois plus tard, il se poursuit, perturbe les exportations énergétiques du Moyen-Orient et alimente la hausse des prix des carburants aux États-Unis.Le président américain cherche désormais à concilier deux messages difficiles à tenir ensemble. D’un côté, il continue de défendre les frappes en affirmant qu’elles étaient nécessaires pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Lors de la convention républicaine de Dallas, il a encore justifié la guerre et assuré qu’elle prendrait fin « très peu de temps après » les élections. De l’autre, il doit convaincre des électeurs davantage préoccupés par leur pouvoir d’achat que par la politique étrangère.Une guerre impopulaireLes sondages illustrent cette difficulté. Une enquête Reuters/Ipsos publiée le 21 septembre mesure l’approbation de Trump à 32 %, son plus bas niveau dans cette série. Seulement 34 % des personnes interrogées approuvent les frappes contre l’Iran et 17 % sa gestion du coût de la vie. Surtout, 82 % pensent que le conflit pourrait se prolonger.Le sujet commence à provoquer des tensions chez les républicains. Deux candidats au Sénat, Mike Rogers dans le Michigan et Ashley Hinson dans l’Iowa, ont appelé le 21 septembre à mettre rapidement fin à la guerre, alors qu’ils avaient auparavant soutenu la stratégie présidentielle. Ils mettent à présent en avant le prix de l’essence et du diesel.Trump reste donc pris entre sa volonté de présenter la campagne contre Téhéran comme nécessaire à la sécurité américaine et la promesse qui avait contribué à son retour au pouvoir en 2024 : réduire les prix et éviter les guerres prolongées. À l’approche du scrutin du 3 novembre, l’Iran n’est plus seulement un dossier de politique étrangère : il devient un enjeu électoral directement lié au portefeuille des Américains.