Tensions avec la Russie : «je ne vais pas participer à l’escalade», déclare Macron

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« Vous voyez bien que la situation est grave, […] ce que je veux vous faire comprendre c’est qu’il y a la guerre en Europe et que la menace s’accroît sur notre pays ». Ce 24 septembre, en direct aux JT de TF1 et de France 2, le président français s’est adonné à l’un de ses exercices favoris : s’adresser à la France entière à une heure de grande écoute avec des airs martiaux.  Un rendez-vous qu’il a voulu inscrire dans la continuité des deux réunions sécuritaires, la première le 17 septembre avec les préfets de zone, suivie d’une deuxième le lendemain avec les chefs de partis et candidats à la présidentielle, où la guerre en Ukraine et les « menaces hybrides russes » avaient une place centrale. Au cours de la conférence de presse qui a suivi, aux accents d’autosatisfecit, Emmanuel Macron s’était montré insistant quant au fait que la France « n’a pas choisi » la guerre contre l’Iran et ses conséquences sur les prix à la pompe pour les Français.Ce 24 septembre, le chef d’État français a de nouveau brandi la « menace » russe, avec une légère nuance : ses deux interlocuteurs qui l’ont presque fait passer pour le plus modéré dans la salle. Il a notamment été interrogé d’emblée sur un article d’un correspondant à Vilnius du quotidien espagnol El Mundo, se basant sur une source anonyme lituanienne et selon laquelle la CIA aurait alerté sur de potentielles attaques russes contre la France, l’Italie et l’Espagne depuis la Méditerranée.« Cette information, nous pouvons la démentir, la CIA n’a pas informé les services français d’une telle attaque », a déclaré sur ce sujet Emmanuel Macron, et de renvoyer au démenti similaire du ministre italien de la Défense Guido Crosetto. Sans perdre le nord, il a immédiatement renvoyé à « une situation qui monte en tension, qui est inquiétante pour l’Ukraine […] et pour nous Européens parce que, ces dernières semaines tout particulièrement, les actes hostiles un peu partout en Europe se sont multipliés ».« Il faut arrêter de faire culpabiliser les Français »« Est-ce que les Russes pourraient envoyer, en France, un drone armé contre un avion à Orly, à Roissy ou sur l’aéroport de Marseille-Marignane ? », l’interroge notamment Gilles Bouleau qui a évoqué l’affaire de ce drone retrouvé à l’aéroport de Leipzig et dont Berlin tient la Russie pour responsable. « Ma réponse est oui », lui a répondu dans la foulée Emmanuel Macron, avant de qualifier cet incident d’« extrêmement grave ».Pour autant, le locataire de l’Élysée n’a pas abondé dans le sens de son intervieweur, refusant de déclarer qu'une telle hypothétique attaque constituerait un acte de guerre, préférant la formulation d’« actes hostiles qui […] peuvent tuer », et de réaffirmer que « la tension monte ». « Sur les mots, je ne vais pas participer à l’escalade », a-t-il répondu à une relance de Gilles Bouleau quant à l’éventualité d’une guerre ouverte avec la Russie.Plusieurs dizaines de minutes plus tard, sur un volet national, Emmanuel Macron répètera le schéma. Face aux questions du journaliste de TF1, qui évoque sans détour cet « enfer » - et « situation totalement instable et très coûteuse, notamment pour les finances publiques » - qui a émergé après la dissolution voulue en 2024 par le président français, celui-ci se défend alors d’avoir « remis le pouvoir aux Français », et d’affirmer face à cette Assemblée nationale devenue ingouvernable par les alliances d’entre deux tours que « les Français ont fait leur choix ». « Vous pouvez l’aimer, ne pas l’aimer, c’est le choix des Français », passe-t-il alors à l’offensive à l’endroit de Gilles Bouleau, avant de lâcher qu’« il faut arrêter de faire culpabiliser les Français ».